EMILE ZOLA
A entendre M. Zola, il est l'héritier de Balzac, c'est-à-dire qu'il a tenté de confisquer l'héritage ; mais, en réalité, il n'est guère, si absurde cela paraisse, que le petit-fils d'Antony. Il est l'hoir des romantiques qui lui ont légué un vieux manteau diapré çà et là de paillons d'Arlequin. Il le sait et cela le désole. Souvent il a gémi de ce venin que lui inoculèrent les hommes porteurs de barbes hirsutes, de pourpoints moyen âge et de souliers poulaine. Il a eu tort de se plaindre, car c'est grâce à ces
oripeaux qu'il a pu faire si longtemps illusion. En le voyant ainsi vêtu, on a cru qu'il était épique, alors qu'il fut seulement boursouflé, d'une boursouflure propre à cacher l'incohérence grammaticale de ses phrases et de ses périodes.
Si Balzac fit des œuvres, Zola engendra une école, une école qui est déjà morte et à laquelle, hélas ! il survit. Il est le père du naturalisme, le générateur de cette lignée de chiffonniers sans lanterne qui ramassent les débris au petit bonheur du croc et vident leur hotte à date fixe pour faire un livre. Il leur a donné l'exemple, et leur a appris comment on réunissait des notes et des observations, des documents humains surtout, et comment on les rattachait entre eux: tels les marchands de carrefour qui