‹ Figures disparuesChapitre 2 sur 38 · VI AYANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AYANT-PROPOS

que j'ai la hardiesse de présenter et de soumettre au jugement de la critique. La plupart de ces articles, notamment ceux qui ont paru dans la République française, ayant été imprimés dès la première heure et pour annoncer la mort, tantôt prévue, tantôt soudaine, des personnages dont ils traitent, nombre de gens ont pensé, lors de leur apparition, qu'ils avaient été, dès longtemps, préparés à l'avance et, comme l'on dit dans le langage technique du métier, tenus sur le marbre, tout prêts à être lancés à l'heure fatale. C'était une erreur. Ces articles, sans exception aucune, ont toujours été écrits sous le coup même des événements; et, si je fais cette déclaration, c'est moins pour mettre en lumière des facultés d'improvisation, qui n'intéressent guère le public, que pour restituer à ces Notices leur véritable caractère.

Ainsi s'expliquent les défauts de composition, les lacunes profondes, les jugements hâtifs et incomplets que l'on remarquera trop facilement, hélas! dans cette série d'études imposées par les circonstances. Mais j'espère que l'on voudra bien tenir compte à l'auteur des conditions particulières où il a dû travailler pour les mettre au jour. Un article de journal, par sa nature même, ne peut prétendre à être placé au même rang qu'une étude historique et critique de longue haleine, entreprise après des méditations et des recherches qui demandent beaucoup de temps, et poursuivie dans le silence du cabinet, à tête reposée. Un homme venait à mourir : il fallait, au moment même où cet événement était porté à la connaissance du public, dire ce qu'avait été cet homme pendant sa vie, ce qu'il avait fait, comment et par quels titres il était arrivé à la célébrité, quels services il avait rendus à la littérature, à la science, à son parti qui déplorait sa perte, à son pays qui perdait en lui l'une de ses gloires les moins

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