PAR CHARLES BIGOT
1 vol. in-12 de \d. Bibliothèque d'histoire contemporaine. 3 fr. 50
Extrait de ta préface de l'auteur.
Eug. Despois tient à venger dans ce livre plein de vigueur et de faits cette Révolution, dont il sait si bien l'histoire, de l'accusation stupidc d'avoir détruit à plaisir les monuments de la vieille Franco et jonché le sol de ruines. Il montre tout ce que la Convention, au milieu de ses tourmentes, en pleine Terreur, avec quatorze armées en campagne et luttant contre l'Europe coalisée, a su faire pour les lettres, pour les arts, pour les sciences, pour l'instruction à tous les degrés. Nul n'était à même d'écrire ce livre comme Eugène Despois dont le bons sens admirable était doublé d'un enthousiasme pour le beau et le juste, qui constituait par son union avec un sens critique exquis, l'originalité et le charme de ce grand talent littéraire.
La Convention nationale, pour ses actes politiques, a été et devait être l'objet d'appréciations passionnées, de sévérités souvent contradictoires. Ce livre la montrera sur un terrain plus pacifique, où, sans le vouloir, sans le savoir, tout le monde à peu près lui a rendu justice depuis 1793. Ici, les actes de la Convention ce sont des fondations qui subsistent encore, qui flattent notre patriotisme, et dont on peut oublier l'origine, mais non méconnaître la glorieuse utilité. Aussi de tous les gouvernements si divers qui se sont succédé chez nous depuis la Révolution, tous sévères les uns pour les autres, plus sévères encore pour la Révolution dont ils héritaient, il n'en est pas un seul qui n'ait porté témoignage en faveur de ces créations conventionnelles, soit en les maintenant, soit en se faisant gloire de les rétablir. Une approbation si peu suspecte de complaisance ne laisse rien à dire sur le mérite de ces fondations.
Seulement, il reste à établir celui des fondateurs. C'est ce que j'ai tâché de faire avec des dates, des textes, des documents : toutes choses indispensables en pareille matière. J'ai toujours signalé les sources où j'ai puisé mes renseignements; je sais que bien des gens s'en dispensent; mais c'est un privilège que je ne saurais me reconnaître, l'usage ne l'accordant guère qu'à ceux qui calomnient la Révolution. Ces indications permettront au lecteur de vérifier ou de rectifier ce que j'avance; elles lui prouveront aussi quo je n'ai rien négligé pour atteindre à la vérité et à la justice.