‹ Figures et choses protestantes; l'apôtreChapitre 1 sur 11 · DE LA DEUXIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

DE LA DEUXIÈME ÉDITION

Ai'ant de publier la première édition de TApôlrc, un ami me conseillait d'écrire une préface. Que ne Vai-Je écouté ! Mais je ne prévoyais pas, alors, plusieurs critiques violentes, très graves même, qui ni ont surpris.

Il doit être bien entendu, cependant, et une fois pour toutes, que je ne range pas, parmi elles, les critiques d'ordre littéraire, ni celles qu'ont dictées le zèle et les préjugés confessionnels. Mettre en saillie les défauts de notre protestantisme français devait assurément soulever des tempêtes. « Il est impossible, écrit à ce sujet le pondéré M. Couve, que notre monde très limité ne se sente pas atteint, lésé, meurtri et qu'il ne se plaigne pas très liant. )) Donc, les clameurs, les indignations réelles ou de rhétorique, les protestations furibondes, les prosopopées et les anat/ièmes ne m'ont pas surpris. Je m'y attendais.

J'ai même appris, sans trop d'élonnement, que certains redoutaient la lecture de mon livre au dehors. A vrai dire, ce ne sont pas les lecteurs du grand public que f ai eus en vue, ce sont mes coreligionnaires . C'est pour eux que f ai écrit. C'est la peinture de nos défauts de famille que f ai voulu mettre sous leurs yeux. C'est le monotone ronron louangeur de nos journaux, de nos revues et de nos ouvrages d'édification que j'ai voulu interrompre. Il se peut faire, cependant, qu'ici encore M. Couve ait raison et que Vâpreté de ma critique en atténue l'efficacité. Quant au grand public, il est vraisemblable que mon livre ne l'atteindra pas, malgré le tollé qu'il a soulevé dans nos milieux. Et s'il l'atteint, j'espère, avec M. Frommel et plusieurs autres bons esprits, qu'on y sentira suffisamment la flamme huguenote pour qu'on ne puisse pas s'en servir sérieusement contre nous.

J'ai été assez surpris, au contraire, des critiques formulées par la passion ecclésiastique, par le fanatisme de parti. Comme on sait que je suis évangélique, on m'a attribué une orthodoxie farouche, un synodalisme intransigeant, une fougueuse étroitesse de principes. A la vérité, je voudrais bien savoir comment de telles accusations peuvent être suggérées par mon livre,

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