‹ Figures juivesChapitre 26 sur 79 · I.-iuniv Flores · texte numérisé non relu

I.-iuniv Flores

g8 FIGURES JUIVES

fessions, la culture, la fortune, domine de beaucoup « la misérable clique » vilipendée par le poète *, entretient en elle la conscience judaïque. Il n'en a rien perdu, lui, chez ses éducateurs, les Franciscains et les Jésuites de Dusseldorf, grâce à la ténacité de l'atavisme, grâce aussi à l'influence de sa mère II sait chanter la hagada sur le ton pleurard et nasillard traditionnel. Il parle l'hébreu et se plaît à en glisser des vocables dans sa correspondance. C'est surtout avec le camarade Mosès Moser qu'il prend cette douce liberté. Ce confident-là peut attester combien est fidèlement, naïvement juif le cœur de Henri Heine. Il lui livre le fond de son âme et jusqu'aux puérilités : tel ce rêve qu'il a fait une nuit et qu'il lui conte dès le matin :

En ancien costume espagnol et sur un étalon andalou, tu chevauchais au milieu d'une grande cohue de Juifs, qui s'en allaient à Jérusalem. Le petit Marcus, avec ses grandes cartes géographiques et descriptions de voyages marchait en tête comme guide ; Zunz, en escarpins, portait la Revue - reliée en maroquin rouge ; Mme la doctoresse Zunz, un tonnelet à brandevin de gala jonteftig) sur le dos, courait à côté de lui comme vivandière. C'était la Grande Armée juive, et Gans allait de l'un à l'autre, pour établir un peu d'ordre. Tous les Juifs baptisés suivaient, en qualité de fournisseurs, et une quantité de carrosses fermaient le cortège. Dans l'un était assis le docteur Oppert comme chirurgien-major, et Jost en qualité d'historiographe des hauts faits futurs. Dans un autre Friedlander, avec Mine de Recke, et dans déplus magnifiques voitures de parade, Michel Béer, représentant le corps du génie, et, à côté de lui, Wolf et Stich 3, qui devaient ;ouer le Paria i à Jérusalem et récolter une gloire méritée "'.

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