‹ Figures juivesChapitre 25 sur 79 · Allemands et Français, I, p · texte numérisé non relu

Allemands et Français, I, p

2. De V Allemagne, p 88.11 s'était défini d une manière plus pit toresque « une choucroute arrosée d'ambroisie » (d Alton- bhee, Mémoires, 1, p. n 2).

Allemand chez les Français, Français chez les Allemands. Il était plus vrai dans l'intimité. « Je suis un poète juif, écrit-il à son ami Mosès Moser *, nous sommes entre nous et je me sers volontiers de métaphores nationales. » Car il n'est pas de ceux qui regardent Israël comme une secte ou même comme une race -. Chez les races l'unité, le lien ont disparu : les rapports physiologiques entre les individus sont plus ou moins atténués, et si leur origine fut commune, seul le savant classificateur s'en soucie. Quanta eux, ils demeurent ignorants de leur parenté ; rien qui la leur fasse soupçonner, aucune tradition, aucun nom sacré, dont leur nature s'émeuve et qui les rassemble. Leurs langages même offrent souvent si peu d'analogies que le pédantisme des grammairiens s'enorgueillit de les découvrir. Le peuple, au contraire, est un être bien déterminé, qui agit et veut se maintenir et, s'il est vigoureux, prévaloir : ses membres saventleur identité d'extraction et d'intérêt ; il a seshéros et ses saints ; un idiome lui est propre, qui exprime des idées, des tendances à lui particulières.

Henri Heine a cette conception d'Israël. Il a remarqué, non sans satisfaction, qu'à Londres, sous les arcades de la Bourse, des écriteaux assignant leurs places aux différentes nations, les Juifs ont leur pancarte spéciale comme les Russes, les Espagnols, les Suédois* etc., 3. Dans sa réclusion douloureuse au cours de tant de siècles. la postérité d'Abraham a farouchement gardé le souvenir de son passé, la fierté de son histoire, la foi dans son avenir et sa perpétuité. La tribu de Heine, qui, parlespro-

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