‹ Figures juivesChapitre 34 sur 79 · Lettre à Henri Laube, 23 novembre · texte numérisé non relu

Lettre à Henri Laube, 23 novembre

2. 1 Tu avais naguère quelques pensées excellentes sur le judaïsme, la bassesse du prosélytisme chrétien la bassesse des Juifs qui, en se faisant baptiser, ne veulent pas seulement se tirer de quelque embarras, mais encore obtenir ou escamoter quelque chose, et autres bonnes idées que tu devrais écrire une fois. Tu es assez indé-

ethnique. L'avSpersion sainte ne lui faisait ni le sang ni les concepts d'un Allemand. Son matérialisme, sa luxure orientale s'insurgeaient contre l'énergie de l'Occident chrétien. Le prêtre qui baptise éveille l'enfant à la dignité de la vie spirituelle : le chirurgien de synagogue prépare l'animal humain aux futures distractions. Ne respecter que la partie supérieure de notre être, c'est, selon Heine, s'opposer à nos tendances réelles, et c'est à quoi s'efforça toujours l'Église, qui mit en honneur la mortification, le sacrifice et le martyre, exhortant les hommes à chercher la croix sur cette terre et non le bonheur *.

Il félicitait la Renaissance d'avoir complété l'œuvre de la Réforme.

La chair florissante qui brille sur les tableaux du Titien n'est que le protestantisme, et les reins de ses Vénus sont des thèses plus concluantes que celles qui furent jadis affichées par le hardi moine allemand sur la porte de l'église de Wittenberg"2. — L'humanité soupire après des mets plus solides que le sang et la chair du Christ. Les saints vampires du Moyen Age nous ont sucé tant de sang précieux ! Et puis, il faudra offrir encore à la Matière de grands sacrifices expiatoires pour qu'elle pardonne les vieilles offenses. Il ne serait pas mal qu'on instituât des fêtes sensualistes et qu'on indemnisât la Matière pour ses souffrances passées ; car le Christianisme, incapable de l'anéantir, l'a flétrie en toute occasion ; il a rabaissé les plus nobles jouissances ; les sens ont été réduits à l'hypocrisie et il y a eu partout mensonge et péché. H faut revêtir nos femmes de chemises neuves et de sentiments neufs et passer toutes nos pensées à la fumée des parfums comme après les ravages d'une peste 3.

pendant pour ne pas craindre de le faire à cause de Gans, et pour ce qui est de moi, je t'assure que tu n'as nullement à te gêner. » Heine li Moser, a4 février 1826.

1. Il appelait le catholicisme a la religion du mercredi des Cendres ». (Cf. Drames et fantaisie. Préface de Saint-René Taillandier).

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