Barrés, Op. cit., p
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mit à dénigrer, et l'on assista bientôt à la plus inconvenante polémique. Lui qui peu de mois auparavantexhortait Boulanger à se laisser constituer une sorte de liste civile, il l'accusait maintenant de n'avoir pas été suffisamment économe de leur trésor de guerre. L'autre répondait dans Y Éclair par un exposé de ses ressources et de ses dépenses obligatoires : on ne pouvait savoir combien certains l'avaient exploité.
Pendant un séjour à Bruxelles et à Londres, écrivait-il, l'un de ces membres (du Comité) a été, outre ses appointements, défrayé de tout, non seulement lui personnellement, mais sa belle sœur, la mère, la sœur, le fils de cette belle sœur en tout cinq personnes. Et ce n'est pas encore celui-ci qui coûtait le plus cher J.
Naquet, à qui justement incombait naguère le soin de régler et de noter les mouvements de fonds, était le détenteur de toutes les preuves. Aussi put-il répliquer effrontément par ce défi :
S'il avait fait pour moi ce qu'il prétend, le général aurait des petits papiers Qu'il les montre : je les attends de pied ferme. Il n'y parviendra pas II peut nous avoir entraînés dans sa chute politique ; les services que nous lui avons rendus peuvent avoir eu pour conséquence notre ruine financière — ou à peu près. Quant à l'honneur, il demeure intact, et si quelqu'un est atteint de ce côté, ce n'est certainement pas nous.
La multitude boulangiste n'en jugeait pas ainsi, qui le jour des obsèques de son béros guettait dans la gare du Nord l'arrivée du Judas. Mais elle n'eut pas le plaisir de l'écbarper.
Encore la rancune de ces braves gens ne visait- elle que le transfuge. Quelle colère s'ils eussent discerné toutes les manigances du traître ! Grâce à ce Naquet, le bel effort ingénu de l'âme française avait avorté ; il avait empêcbé l'épuration nécessaire, en associant les siens à l'œuvre. Son influence, qui faisait écarter brutalement un Drumont 2, accréditait les Elie May, les Dreyfus, les
i. Terrail-Mermeix. Op. cit , p. 3 Ai.