‹ Figures juivesChapitre 77 sur 79 · Bruno-le-Fileur, p · texte numérisé non relu

Bruno-le-Fileur, p

« glorifié dans les synagogues... Les Juifs .avaient « appris à'connaître la justice du Roi et auraient pu se « glorifier, comme Molière.

De vivre sous un prince ennemi de la fraude ' . »

Reinach poussait la complaisance jusqu'à s'assimiler les théories de Charles Maurras et concourir à leur diffusion. N'est-ce pas l'idée essentielle de l'Action française qu'il exprimait pour expliquer le relèvement de la Prusse après Iéna :

Elle avait eu dans sa chute plus profonde que la nôtre le bonheur de pouvoir se serrer autour d'un Gouvernement qui, plusieurs fois séculaire et incontesté, incarnait la Patrie. Or dix révolutions depuis plus d'un siècle avaient détruit en France cette arche de ralliement *.

i. Une erreur judiciaire sous Louis XIVt Raphaël Lévy.

2. Essais de Politique et d'Histoire, p. 5. — 11 faut citer encore ces considérations sur l'infériorité du système démocratique : « Ce qu'il faudrait, c'est que les Gouvernants, les mandataires du peuple fussent assez de force pour réagir contre les caprices, les entraînements de la masse électorale et, une fois en possession du pouvoir électif, ne s'occupassent que des intérêts généraux et permanents de la nation, jouant le rôle d'un monarque d agir au besoin contrairement aux désirs manifestés par le peuple pour ses intérêts supérieurs. L'intérêt immédiat consiste, par exemple, à ne pas dépenser des hommes et de l'argent pour des expéditions lointaines ; mais l'intérêt supérieur de la France étaitde prendre sa part dans la conquête des débouchés d'outre-mer, où se précipitait le vieuxmonde occidental. La démocratie ne fut pas moins défavorable, dans son ensemble, à ces conquêtes, qu'elle, ne l'avait été cinquante ans auparavant à celle de l'Algérie, d'où l'Angleterre, sans l'initiative de Charles X, dominerait aujourd'hui la Méditerranée. Ainsi ces entreprises coloniales n'ont pu être poursuivies à l'origine que par des voies détournées : il fallut presque mentir à la démocratie. Au contraire, par qui fut perdue l'Egvpte ? Ce fut par ceux qui avaient proclamé humblement et qui mirent en œuvre la politique de la déférence. » [Essais de Politique et d'Histoire, p. 17 )

11 ne nous échappe pas que l'auteur cherche ici à justifier la ruse de l'opportunisme gambettiste qui, pour se conformer aux prescriptionsde Bismarck, occupait la France aux lointaines aventures pour la distraire de ses revendications légitimes.

JOSEPH REIXACH 200

De même il rendait hommage à l'habileté de la diplomatie capétienne :

Il n'y avait point autrefois de par le royaume de France moine si ignare ni cordelier si obtus qui ne comprit fort bien que le roi très chrétien François 1er, fils aîné de l'Eglise, se fît l'allié du sultan Soliman et que le cardinal de Richelieu fut le protecteur des

Quand l'orage commença de gronder, Reinach souhaita sincèrement de faire oublier ses attentats contre notre sécurité. Rejetant la démagogie, dont il se servait naguère, il soutint la loi de trois ans, qu'il déclarait une mesure de préservation indispensable. La catastrophe de iqi4 lui permit de reprendre sa plume de critique militaire. De même qu'il appréciait jadis le jeu des grandes manœuvres, il commenta les mouvements de la retraite et ceux de la victoire. 11 parlait maintenant avec amitié de cet Etat-Major que dix ans auparavant il proclamait ignare et scélérat.

Quelle que fût l'indulgence à laquelle disposait l'Union Sacrée, lion estimait à peu près unanimement que son attitude dans la crise actuelle eût dû être toute de silence et d'abstention : les propos de « Polybe », si bien intentionnés qu'ils parussent, attestaient la méconnaissance absolue de nos délicatesses. Beaucoup cependant eussent regretté de ne pas trouver cette nuance dans la curieuse gamme que compose Israël, entre le monarchisme et le communisme résolu, du gentleman Arthur Meyer au pithécanthrope Rappoport.

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