Également indiqués par notre auteur, IV
2. C'était dans la réalité, et non pas seulement dans son livre, que Rabelais montrait un vif amour de la science: par ses belles leçons de Montpellier, par son cours d'anatomie de Lyon, par ses savantes éditions d"Hippocrate et de Galien, il contribua puissauiment à la grande révolution médicale qui, née en Italie du réveil même des lettres grecques, substitua la méthode d'observation et d'induction des Hellènes à l'empirisme trop souvent arbitraire et superstitieux des Arabes et des Juifs, et qui eut pour promoteurs en France Pierre Brissot, Ruel, un des fondateurs de la botanique, Dubois l'anatomiste, et deux Allemands, pensionnaires du roi, Guillaume Cop, de Bàle, et Gontbier, d'Andernath. — M. Henri Martin dit, en parlant du respect de Rabelais pour la pensée humaine et pour le sang humain : « Un beau passage de la préface de son édition d'Hijjpocrate témoigne que, s'il attachait tant d'importance à rétablir la pureté des textes anciens, l'érudition était pour lui le moyen, et l'humanité le but : Un seul mot ajouté ou retranché, une virgule transposée mène à la mort des millers d'hommes. » — Henri Mai-tin, Histoire de France, t. VUI, ch. 48.
RAI5KLAIS. "lu
plus, OU du penseur ou du savant, si tous deux , en certaines pages splendides, ne s'alliaient dans le plus riche épanouissement de la fantaisie et de la raison .
Après cela, sercz-vous surpris si un travailleur tel que Rabelais se trouve l'adversaire na- * turel des moines fainéants ? Plusieurs des Ordres monastiques, qui s'étaient illustrés d'abord comme les représentants de l'esprit en Lee de la force brutale et comme les dépositaires de la science au milieu de la barbarie, n'avaient pas échappé enfin à l'influence corruptrice de la richesse et du pouvoir ^ Au dévouement et à la charité avaient succédé mainte fois l'indolence et l'égoïsme. Si les uns s'honoraient toujours d'entretenir dans l'ombre du cloître le feu sacré de l'étude et de la foi , celte ombre n'était pour les autres que le voile de l'oisiveté et des vices qu'elle engendre. Rabelais alors, comme Luther, comme Henri Estienne , comme Érasme , comme Marnix de Sainte-Aldegonde , stigmatise cette vie molle et dissolue qu'il a observée de près;