‹ Figures parisiennesChapitre 2 sur 10 · JULES JANIN · texte numérisé non relu

JULES JANIN

A Monsieur A. TARDIYEAU

Directeur du Cowrier de l'Eure,

Vous souvient-ilf cher ami, du temps oà, allant à Céeoleffe passais, sac au dos, devant les bureaux du Cioanier de TEure?

Je me disais en ce temps-là : « Moi aussi, je voudrais bien être un écrivain ! »

Plus tard, vous avez accueilli mes premiers essais. Avec l'autorité dun ancien universitaire et d'un journaliste, vous avez été mon premier maitre es lettres.

LaUsez-moi vous en remercier ici de tout mon coeur.

Léon rrsSANDIEH. -^

PREFACE

M. Léon Tyssandier est un esprit bien doué, qui ne débute pas comme tant de jeunes littérateurs par une critique à fond de train sur les maîtres des écoles contemporaines. Savoir admirer est une vertu de plus en plus rare qui élève les enthousiastes au-dessus des haineux ne sachant voir que les infiniment petits.

On ne réforme pas les œuvres de l'esprit humain. Si un homme n'a rien pour lui, n'en parlez pas ; s'il a du génie et des difformités, contentez-vous de le mettre en

Il PRÉFACE

face du Beau dans rétemelle et féconde nature, dans les musées de la poésie et de Tart. Du reste, le métier de critique n'a jamais prouvé que le génie des autres. J'ai dit autrefois : « Les poètes sont vengés des critiques dès que les critiques se font poètes )). Qu'est-il resté des lamentations de Gustave Planche et de Sainte-Beuve contre les livres de Hugo et de Balzac ? Il est resté les chefs-d'œuvre de Balzac et de Hugo. Sans la critique, Gustave Planche devenait un historien de haute marqué, et Sainte-Beuve le quatrième ou le cinquième poète du siècle.

Débuter par la critique n'est pas mal faire, puisque, c'est se mettre en garde contre beaucoup de folies juvéniles ; mais s'y attarder, c'est une œuvre impie contre les autres et contre soi-même. Aussi je suis sûr que le second livre de M, Léon Tyssandier sera un roman ou une grande page d'histoire.

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