ÉPILOGUE APRÈS LA MONTRE
{L'auteur a supprimé, pour éviter les longueurs, une lettre de M. Dur, écrite dans un style qui dénote le calme de son âme. Il ne tarit pas d'éloges sur la sainteté des prêtres avec lesquels il vit, il décrit le fameux pèlerinage de Saint- Benott-sur-Loire. Ce qu'il admire, c'est qu'avec la grâce de Dieu, les difficultés semblent ne plus exister pour recevoir cent cinquante pèlerins, etc.,,, etc,,,)
Avant sa mort, M. Dur avait renoncé à Paris ; il n'avait jamais eu le goût de ses plaisirs et n'avait plus les ambitions qu'il promet de satisfaire. Eût-il eu envie de faire enfin sa fortune ou d'essayer de s'amuser, qu'il lui eût semblé qu'il aurait pu y réussir ailleurs aussi aisément, ou aussi malaisément. Qu'est-ce qui retient à Paris ses habitants ? de vagues espoirs renaissants et déçus, des illusions d'imbéciles I Quoi I n'est-ce pas souvent l'orgueil trompeur de se dire en tant que Parisien supérieur à l'humanité qu'on ignore ? Avec ça que les industries ne se créent pas dans les provinces ? que les artistes ne travaillent pas plus franchement loin des marchés I que les penseurs ne méditent pas mieux dans la solitude, qu'on n'élève pas mieux les enfants à la campagne et que les ménages n'y sont pas plus prospères I Que fait-on à Paris ? se disait cet impitoyable et étroit M. Dur, on y parle I Dans le déluge des interminables conversations parisiennes, M. Dur, devenu sage, n'en voyait de profitables aux interlocuteurs que celles des savants qui s'éclairent mutuellement ou des bonnes âmes qui s'aident à soulager
le mal que Paris occasionne, les autres propos sont nuisibles, affaiblissants, offensants. La jalousie et la haine qui blessent plus celui qui les nourrit que celui qu'elles visent, la vanité plus souvent frappée que contente, ravilissement près des riches, le besoin grandissant d'argent qui empêche qu'on jouisse de celui qu'on a, les épouvantables malheurs qui viennent de la promiscuité et du désordre, voUà ce qu'on va chercher à Paris. S'il souriait à l'idée du fonctionnaire» potentat de petite ville qui réclame comme un avancement le droit à l'anonymat des rues de Paris et à la gêne des petits logements ou des appartements trop beaux pour son budget, il pleurait quand il pensait à la destinée des pauvres gens qui espèrent trouver dans le giron de la Mère Capitale une place, alors que celle-ci n'en a pas pour ses enfants. Pauvres gens qui abandonnent la santé pour la maladie, et le bonheur pour la honte !
« Eh bien ! ma pauvre dame Lafieur, disait M. Dur qui avait conservé, pour éviter les hôtels, sa petite chambre rue Gabrielle, encore des larmes ! hélas I toujours aussi peu de résignation I aussi peu de confiance dans les desseins de la Providence ! J'espère que ce n'est pas sur la ruine de votre montre que vous gémissez !
— Oh l la montre I tant pis pour elle, alors l Ça, ça m'est bien égal, la montre de père !
^^ Ma bonne dame ! que je voudrais agir pour vous consoler dans vos peines ! aidez ma bonne volonté 1 c(mfie^-moi vos chagrina pour soulager votre cœur.
— C'est trop ! ah ! c'est trop, monsieur Dur 1 tout le mal qu'ils m'ont fait, ces cochons d'enfants! ahl oui, ça, c'est vrai I toute la peine que j'aie eue à me rabattre dessus t
-^ Eh bien I les voUà élevés et partis, ces petits malheureux I ils ne sont plus sur les bras de leur faible mère I pour accabler sa misère t
<~ Ah I oui ! élevés ! sans parler de deux autres à élever,