RUE AUBER
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in 2010 with funding from
University of Ottawa
http://www.archive.org/details/fillesloretteseOOduma
ET
Voici un coin du grand panorama parisien que personne n'a osé peindre, une page du grand livre de la civilisation moderne, au bas de laquelle personne n'a osé mettre son nom.
Il y a dans mon esprit une tendance toute particubère à entreprendre les choses que personne n'ose accomplir ; aussi ai-je, du premier coup, accepté la tâcne proposée, si difficile et surtout si scabreuse qu'elle fût.
Il est vrai que, presque aussitôt cette promesse faite, je me suis, en songeant aux pudibondes suscep-
tibilités de l'époque, senti quelque repentir Je m'être avancé ainsi ; mais ma parole était engagée, et je suis avant tout esclave de ma parole.
Je vais donc essayer de l'acquitter.
Seulement, pour mettre un certain ordre dans mon travail, je diviserai la matière que je traite en trois classes distinctes , en trois catégories progressives, en trois échelons ascendants, qui conduiront successivement le lecteur du coin de la borne où la prostituée des rues guette le nocturne passant, jusqu'au boudoir princier où l'élégante courtisane, qu'on a envoyé chercher dans une voiture sans armoirie, est introduite par un valet sans livrée.
Maintenant, je préviens ceux qui voudront bien perdre leur temps à lire les pages suivantes, qu'elles ne sont point écrites pour les demoiselles qui sortent du couvent.