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thaïs, — PILHIONICE, — BACCHIS, — MITTO
Thaïs était Athénienne; elle suivit Alexandre dans son expédition des Indes : ce fut elle qui, à la suite
d'une orgie, excita le vainqueur de Darius à brûler Persépolis.
A la mort d'Alexandre, elle tomba en partage à un de ses généraux. Ce général était Ptolémée. Ptolémée hérita de l'Egypte. Il aimait Thaïs et l'épousa. Thaïs se trouva donc reine.
Ptolémée en eut trois enfants, deux fils, Leoutiscus et Lagus, et une fiUenommée Irène, qui épousa Sjlon, le fortuné roi de Chypre.
Pilhionice était l'esclave de Bacchis, esclave ellemémo de Synopc, et joueuse de flûte. Syuope était née à Egine; elle transporta d'Egine à Athènes le dictérian, à la tête duquel elle était. Ce fut chez cette Synope qu'Harpalus vit Bacchis, en devint amoureux et l'acheta.
Cherchez dans Posidonius et dans Théopompe, et vous verrez toutes les folies que fit pour elle, tant qu'elle vécut, sou riche et généreux amant, et, lorsqu'elle mourut, il employa deux cents talents à lui faire bâtk un monument.
Ce monument était sur le chemin d'Athènes à Eleusis, et situé juste à l'endroit d'où l'on pouvail découvrir les temples et la citadelle.
Mitto naquit eu Phocide : sa mère mourut le jour même de la naissance de son enfant.
La jeune Mitto, restée orpheline et pauvre, fut élevée par charité; mais à peine l'enfant put-elle se :'onnaître, qu'elle comprit qu'elle était belle, et la ] leauté, en Grèce surtout, était une fortune.
Un accident manqua flétrir cette beauté. Elle avait neuf ans à peine lorsqu'une tumeur se déclare au menton et s'étend bientôt à une partie de la joue. Pauvre et ne pouvant payer les soins d'un médecin, Mitto reste alors sans secours : le mal fait des progrès; Mitto voit sa beauté menacée. Sa beauté, c'était sa seule espérance, son seul avenir. Pourquoi vivre si elle n'est plus belle ? Mitto se décide à se laisser mourir de faim.
Pendant deux jours et une nuit, la courageuse enfant essaye d'accomplir le projet qu'elle a résolu, lorsque tout à coup, au moment où, étendue sur son lit, ses yeux se ferment de lassitude et de besoin, Vénus, sous la protection de laquelle tout enfant elle s'est mise, descend à son chevet et lui montre au pied de son autel des roses desséchées dont elle lui enseigne la propriété. Mitto se lève, court au temple de la
déesse, ramasse les roses flétries qu'elle trouve au pied de sa statue, les applique sur son menton et sur sa joue; trois jours après, la tumeur avait disparu, et Mitto était restée la plus belle des jeunes filles de la Phocide.
Ce fut cette même Mitto qui, protégée par Vénus sans doute, devint la favorite de Gyrus ; après la mort de Gyrus, la maîtresse d'Artaxerce, et, après la mort d'Artaxerce, prêtresse du soleil à Ecbatane.