MARCEL PRÉVOST
de tant de circonstances atténuantes que la faute s'efface dans la pitié.
— Nous sommes humains. Il est agréable de se pardonner en pardonnant.
— De la morale à la portée de tous.
— Le bon abbé que pouvait être Marcel Prévost !
— Vice et indulgence.
— Et Les lettres à Françoise ?
— Des discours de poste restante. La manière de se servir des événements.
— Je vois que vous n'aimez pas cet auteur !
— Moi, je l'adore. 11 est sans fatigue. Je m'amuse à songer qu'il serait devenu tout à fait licencieux sans l'espoir de l'Académie.
— Quand le lisez-vous ?
— Entre temps....
JULIA BAETET
On l'appelle « la divine ». Elle est surtout «la distinguée», la' plus distinguée des comédiennes. Son jeu n'est pas fait d'éclats, de situations, de cris, mais de mesure. Elle n'empoigne pas le public par la gorge, mais par le cœur. Pas d'agression, avec elle, des preuves. Elle est ordonnée, mathématique. Il ne serait pas osé de dire qu'elle est un peu comme Eobesbierre, jésuitique par séduction.
Les costumes n'égarent jamais la première idée qu'on s'est faite d'elle. Elle a beau jouer dans un palais on ne la voit que dans un salon.
Elle est très Comédie-Française, c'est-à-dire traditionnaliste ; les égarements de quelques votes d'admission doivent un peu la troubler ;