‹ FilmsChapitre 14 sur 48 · AUREL · texte numérisé non relu

AUREL

elle préfère les philosophes aux gens d'esprit et les poètes aux philosophes.

Elle n'est moderne que d'apparence ; son désir ne comporte aucune frivolité; elle prend très au sérieux la vie qui l'entoure, si elle n'était jeune elle donnerait des conseils. Qu'elle chasse la mondanité, elle passera la robe dominicale. C'est au fond une missionnaire laïque qui veut convertir le monde à la religion d'un meilleur amour. Elle écrit cette phrase qui peut servir d'exemple à son esthétique : « L'union n'est pas un fruit du baiser. Car le toucher délivre et dénoue les deux corps. Elle est encore moins un fruit de l'amour, qui est, lui, un jeune fils de l'esprit ; étant surtout intellectuel, il n'est cependant pas serein, il reste la seule amitié qui ne nous veuille pas d'amis ».

Aurel raffine tous les instincts. Et elle est bonne comme elle est belle.

MAEOEL PRÉVOST

— Comment trouvez-vous Marcel Prévost ?

— Suggestif.

— Il connaît les femmes !

— Une vraie modiste.

— Son style a de l'agrément !

— De la tentation. On va jusqu'au bout. C'est un entremetteur littéraire.

— Pensez-vous qu'il soit pernicieux ?

— Comme un jour de solde aux magasins du Louvre ou du Bon Marché.

— Tout fait votre affaire. On achète, on achète, sans avoir besoin ; la baisse de prix est une excuse.

— C'est de cette manière dont se sert Marcel Prévost. Il entoure les aventures de ses héroïnes

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