FRANCIS JAMMES
Il parle aux vivants et aux morts avec une affection si touchante qu'on a le sentiment de ne l'oublier jamais. Cette èlègie à Albert Samain quel exemple de consolation et d'amitié éternelle !
Il faut se faire aimer de Francis Jamnies pour comprendre tout ce qu'il donne et comment il sait donner.
Il faut lui offrir son cœur, simplement, et lui dire, si l'on souffre: « Guérissez-moi » et si l'on est heureux : « Éloignez la peine. »
Orthez n'est pas si loin de Lourdes que les poètes ne puissent aller dans le vieux jardin de Francis Jammes, comme les malheureux vont à la grotte de Massa bielle, pour prier.
La poésie est-elle autre chose, au fond, que le chapelet de la vie des hommes qui savent l'exprimer ?
Xous ne sommes point tous des Bernadette pourtant et c'est tant sous cette forme de naïveté et de franchise qu'il faut parler à ce poète.
C'est en image d'Épinal que Francis Jammes nous fait goûter aux petits miracles de sa pensée. O la jolie histoire des ânes qui vont en Paradis, et celle du savetier qui a un oiseau, et celle encore de la jeune fille nue !
Des enfants comprendraient cela.
Francis Jammes nous restitue notre première innocence et notre première foi. Il ne nous enseigne pas un catholicisme de parade ; nous sommes avec lui constamment au syllabaire de notre émotion et c'est ce qui nous séduit.
Je connais des hommes qui n'entrent dans les églises que pour entendre le bruit des orgues. Ils ne trouveront pas dans le jardin mystique d'Orthez l'exclamation de la musique.
Mais le silence, le frêle tintement d'une clochette de campagne, le cahotement des sabots d'un paysan qui vient à la messe du Dimanche, n'est-ce point une bonne part d'enseignement à cueillir ?