‹ FilmsChapitre 27 sur 48 · HENRI DE RÉGNIER · texte numérisé non relu

HENRI DE RÉGNIER

Une automobile surgit.

L'homme referma avec précipitation la fenêtre, heurta une machine à écrire, un phonographe, fit tomber un Onoto et, afîolé de cette rencontre d'objets inusités, s'accouda un instant, contre un mur, pour ne point tomber. L'éclat d'un timbre retentit ; la main de l'homme avait actionné involontairement une sonnette électrique.

Au valet de chambre qui se présentable beau au bois dormant demanda :

— Etes- vous Larose ? Je ne vous reconnais point.

— Je m'appelle John, Monsieur, et j'ai mon brevet de chauffeur.

— Sang et Dieu ! de par le roi ! balbutia le maître, dans quel lieu me suis-je égaré ?

Il fallut, à M. Henri de Régnier, de nombreuses années pour s'habituer à vivre dans un Paris qui était sans cour et sans bonnes manières.

Le Louvre ne possède que des tableaux et Versailles est sans bergères !

L'homme tombé d'un autre siècle acheta, pour essayer de se consoler, du papier cloche,

des plumes d'oies qui provenaient d'un solde, et écrivit les histoires du temps qui avait été le sien.

C'est ainsi que nous connûmes M. d' Amercœur par la désillusion de son contemporain M. Henri de Eégnier.

Mais s'enfermer dans la composition distinguée de ses livres, cela peut il suffire à la vie d'un seigneur qui lutina des marquises et leur adressa des madrigaux ?

L'action manquait à M. de Eégnier. Il ne cessait de se désoler sur les attributs absents de la gloire.

Alors, comme l'on se fait recevoir d'un cercle, il se fit recevoir de l'Académie pour avoir le droit et le plaisir de porter une épée.

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