SODO
Tu sei
Egli è £Toi siamo Toi siete Essi sono
Mi estas Ci estas Vi estas Ni estas Vi estas Ili estas
SAM-MAC-VEA
« Faites comme le nègre » disait Mac-Mahon dont le nom était un peu noir.
Voilà Sam-Mac-Vea qui continue.
Je pourrais avec du cirage pour la peau, du blanc pour les yeux, du rouge pour les lèvres, vous peindre ce naturel de Californie, mais je ne suis pas un imagier pour enfants et j'ai horreur des petits moyens.
Sam-Mac-Vea vaut qu'on le considère de plus près, presque jusqu'à Pâme, car Sam-Mac-Vea a une âme comme tout le monde, peut-être un peu plus brune, voilà tout. La nuance ne compte pas dans les états spirituels.
L'âme de Sam-Mac-Vea nous apparaît sur le
ring, dans toute sa candeur; elle est pure, béate et pacifique. Cet homme a un sourire fendu qui en dit long sur l'innocence de ses sentiments.
Son coup de poing n'est qu'un coup de poing ; il contient de la force et non du ressentiment ; il ne veut pas dire : « mon salop, je vais te massacrer », il veut dire simplement « boum » et « boum » ne signifie pas autre chose que « boum ».
La loi des réciprocités courant l'univers, si Sam-Mac- Vea «donne» c'est que naturellement il « reçoit » . Sam-Mac-Vea « encaisse » avec beaucoup de sérénité ; il a un petit geste de la main qui chasse la douleur comme on chasse les mouches. Sam-Mac- Yea n'est jamais ébranlé.
Sa peau, particulièrement entraînée, paraît plus souple que celle de ses collègues de même race ; elle est lisse et bien patin ée; sa résistance fait songer aux portefeuilles que Ton pourrait tirer de sa bonne qualité.
Lorsque Sam-Mac-Vea assomme quelqu'un c'est par mégarde ou par métier. Il ne songeait vraiment pas à abîmer TanoMatsuda, quand ce maître en jiu-jitsu s'effondra sous son poing î
Il s'amuse...
SAM-MAC-VEA 135
Sa douce tranquillité évoque sou manque de souci d'être abattu.
L'attaquer, le mettre en quartiers...
Oui, mais il n'a jamais été knock outî — Lui, bon nègre.
LE SÉNATEUR BÉRENGEK
Toutes les feuilles de la vigne du Seigneur et toutes les feuilles de vigne de la cave de M. Dujardin-Beaunietz ne suffiraient à couvrir ses hallucinations pornographiques.
Le sénateur Bérenger est atteint d'un remords. Quelque femme nue, restée pudique, doit avoir harcelé sa jeunesse. Son désir jamais contracté se venge de toutes les tentations.
La Beauté l'obsède ; il croit que la Beauté n'est que le fruit défendu, auquel il n'a pu toucher, auquel, par jalousie, il défend qu'on touche.
C'est le satyre qui n'est jamais rentré dans le Bois et qui se jette sur ceux qui y entrent.
LE SÉNATEUR BÉRENGRR 137
Possédé mais non possesseur, il regarde la route de la vie où s'en vont des femmes et des hommes enlacés. Il renifle, il aboie. Il ne voit en eux ni l'amour, ni la création ; il ne pense qu'à la concupiscence.
Un corps, pour son cerveau, ne peut être la statue admirable, libre de montrer au soleil la forme de son harmonie. Xon, un corps pour le sénateur Bérenger c'est de la chair dont on a ôté la chemise et retiré les bas.
Il pratique l'inspection de ce qu'il soupçonne. C'est le monsieur qui imagine, non ce qui se passe, mais ce qui pourrait se passer. Il voit tout en cartes transparentes. La maison Tellier peuple son esprit et la Vérité qui sort nue du puits le trouve caché derrière un caleçon.