ACTE DEUXIÈME
leur me serre la cuiller tous les matins... Jamais une observation !... Si je m'absente, Ploutasse est là... Au faitl Tu ne connais pas Ploutasse?
PÉRISSOL.
Je n'ai pas cet honneur. ' \^
GASTON
Une poire à laquelle on colle toutes les besognes embêtantes... En voilà un qui ne sera jamais chef de bureau I
PÉRISSOL.
Tu vois bien. J'ai raison d'être syndicaliste.
GASTON
Je ne suis pas dupe de ton zèle... Tu montes la tête aux copains, avi i' espoir que le patron te fermera le bec en t'octroyaul la grasse place.
PÉRISSOL.
Mon vieux, pour un Auvergnat qui n'est à Panam que depuis deux ans, tu t'es vite dessalé!.,. Quelle heure est-il ? (ii regarde la pendule.) Je n'ai pas hérité... Le patron me tient à l'œil pour la présence.
GASTON
On ne fête pas tous les jours l'entrée en possession d'un héritage de cent mille battants 1
PÉRISSOL.
Pour ce que j'en récolte...
GASTON. - -
Tu n'cis pas fait fi de mon porto et de mon Champagne.
PÉRISSOL,» le saluant très bas.
Je te présente mes hommages, le Monsieur arrivé, le bourgeois cossu, le millionnaire en herbe !
GASTON
N'en jette plus I
PÉRISSOL.
Banquier, tu es à la source de la fortune!... L'au prochain, tu rouleras en limousine.
GASTON
J'accepte l'augure... Le coup de l'étrier.
n verse à boire.
PÉRISSOL, acceptant.
Le dixième verre... Je les ai comptés... Aujourd'hui je ne serai pas à court de boniment avec le client.
GASTON, offrant le pâté, avec le couteau.
Une dernière tranche !
PÉRISSOL.
Merci! J'en ai jusque-là... Ton coutelas me donne la chair de poule.
GASTON
Ce mirifique poignard est un cadeau de mon frère Jean, le jour de ma fêle, il y a trois ans.
PÉRISSOL.
Ton frangin n'a pas eu peur de trancher votre entente fraternelle.
GASTON
Je lui ai donné cinq centimes.
PÉRISSOL.
Tant mieux ! L'entente cordiale est sauve. , Rendez-vous ce soir au Moulin vert... Ça tient?
GASTON
Ça tient.
Périssol sort. Gaston prend une cigarette. Au moment où il va l'aHumer, Périssol reparait.