GASTON, LE BARON FALSTEIN
LE BARON
Que je suis heureux de vous rencontrer, mon ami ! J'avais peur de vous manquer...
GASTON, embarrassé.
Je m'excuse, monsieur le Directeur... J'ai été retenu ce matin par un camarade que je n'avais pas vu depuis deux ans...
LE BARON
Laissez-donc... Pour la besogne courante, Ploutasse est là... Je sais qu'en ce moment vos affaires personnelles vous accaparent un peu... Vous m'avez mis au courant... Une succession importante entraîne de nombreuses démarches : le notaire, l'enregistrement... Je suis venu vous voir, pensant que je causerais avec vous ici plus tranquillement que dans mon cabinet... où je suis dérangé à tout instant par le téléphone, par la clientèle... Vous savez que mon fondé de pouvoir, M. Mouchet, a dépassé la soixantaine... Il n'a plus la promptitude, la verdeur qu'exigent les méthodes modernes... Arxepteriez-vous de le remplacer?
GASTON, décontenancé.
Monsieur le Directeur, votre proposition me flatte beaucoup; mais elle m'embarrasse... Je n'ai que deux années de Banque... Je me demande si mes connaissances sont suffisantes....
LE BARON
Je sais, mon cher ami, ce dont vous êtes capable... Tenez! Dans l'affaire des caoutchoucs de Montoubota, vous avez été épatant... Je n'aurais pas mieux réussi... Vous avez déployé de l'initiative, du flair.
GASTON
Je n'ai guère fait que suivre vos instructions, monsieur le Directeur... Je m'effraie d'être appelé à prendre de ma propre autorité des décisions pouvant engager la Banque.
LE BARON
Je dirai à M. Mouchet de vous initier petit à petit...