‹ Fils de bandit; drame en trois actesChapitre 22 sur 46 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Les Mêmes, JEAN.

On entend des exclamations dans l'antichambre. Gaston rentre «▼ec Jean.

GASTON

La bonne surprise! Tu arrives à propos. Entre donc, mon cher Jean.., Monsieur le Directeur, voici fustement mon frère.

JEAN, intimidé.

MoDsietir...

LE BARON, la main tendue.

J'avais grande envie de faire votre connaissance,

mon ami... Je suis le baron Falstein, le Directeur de la Banque où votre fz'ère est employé... Nous parlions de vous à l'instant, de votre avenir... Mais je ne veux pas aborder cette question maintenant... Vous ne vous êtes pas vus depuis longtemps, je crois. Je m'en voudrais de troubler par ma présence vos épanchements fraternels.

JKAN.

Je suis très touché, monsieur le Directeur, de l'intérêt que vous voulez bien me porter.

GASTON

Crois-tu, Jean ? M. le Directeur me propose d'être son fondé de pouvoir... Si tu veux, toi aussi, entrer à la Banque, M, le Directeur promeL de t'y créer une situation.

JEAN

Monsieur, j'ai racheté le domaine de mon père... Je me consacre en ce moment à son exploilaliou. . J'ignore encore l'avenir qui m'attend, mais quoi qu'il arrive, je n'oublierai pas votre bienveillant accueil et peut-être un jour me recommanderai-je à votre bonté.

LE BARON

Vouloir continuer les anciennes traditions de famille, c'est un sentiment louable, mon cher enfant... Mais un esprit fin, délié comme vous peut-il consentir à se calfeutrer éternellement, à vivre étranger au mouvement intellectuel, artistique de son pays? .. Ce n'est qu'à Paris que l'on peut satisfaire ce besoin de sensations nouvelles, de visions artistiques dont s'enorgueillit le monde moderne... Pour participer à ce rayonnement, me direz-vous, il faut de l'argitMit,

ACTK DEUXIÈME

beaucoup d'argent?... Mais à vous deux, jeunes g-ens, vous voilà à la tête d'un avoir qui peut, si vous le voulez, devenir une fortune... Je n'insiste pas... Je vous parle uniquement dans votre intérêt, mes amis. . . Je ne demande qu'.à vous faire partag-er, Jean, la sympathie que j'éprouve pour votre frère... Gaston, je ne veux pas vous voir à la Banque aujourd'hui.

GASTON

Monsieur, la situation de la Cie des phosphates du Guayaquil...

LE BARON

Ne vous tourmentez pas, mon ami, Ploutasse est là.

Il sort.

Page 1