ACTE TROISIÈME
JACQUES
Il veut trente mille comptant... Autrement, rien de fait.
JÉRÔME
Ce n'est pas sérieux?... Un gars comme toi !.. Solide, dur à la peine... Ça vaut de l'or!
JACQUES
Il dit : je donne des terres à ma fille ; c'est bien le moins que mon gendre apporte les instruments d'exploitation.
JÉRÔME
La première année, vous louerez les machines... Plus tard, quand vous aurez économisé...
JACQUES
Pas moyen de faire entendre raison à ce vieil entêté !
FRANÇOIS
Avance la somme nécessaire à Jacques, père... II te remboursera peu à peu.
JÉRÔME
Vous êtes sept. Je ne peux pas risquer de dépouiller les uns pour les autres... Je suis pour la justice.
FRANÇOIS
Tu peux disposer de ma part, Jacques.
JACQUES
Viens, petit frère ? Que je t'embrasse pour ce motlà... Moi, votre aîné à tous, accepter pareil sacrifice, jamais ! jamais !
JÉRÔMB.
Anaïs! Que dit-elle?
JACQUES
Elle pleure. Alors son père la rabroue... Si je dois être cause de dissentiments dans la famille, je préfère rompre tout de suite
JÉRÔME
Mon pauvre grand !
JACQUES
Quand je pense que cette question d'arg-ent serait réglée sans difficulté, si l'héritage de l'oncle Théodore ne nous avait pas été volé!
FRANÇOIS
, Ne reviens pas sur cette triste histoire, Jacques ; mon oncle, Pierre est mort : paix à son âme!
JKRÔME, d'une vois sourde.
Mon malheureux frère ! Je ne voudrais pas pa^^tir comme lui pour l'autre monde, avec un poids aussi lourd sur la conscience.
FRANÇOIS
Voyons, père ! Toi aussi, tu tiens à remuer ce pas.sé?... Nou.'^ n'avons aucune prouve. Pourquoi s'acliarner après la mémoire de l'oncle Pierre?
JACQUES
Nos deux cousins jouissent aujourd'hui tranquilletnent de ia fortune indûment acquise par leur père î . .. Le petit Jean a ra:-L3té les Fougères, paraît-il... Ce castel que l'oncle Théodore te destinait, père, va être habité par ton gredin de neveu qui continuera à nous narguer.
FRANÇOIS
Ne dis par; de mal de Jean !... Je le connais... Jean et un cœur exquis.