‹ Fils de bandit; drame en trois actesChapitre 33 sur 46 · JÉRÔME, FRANÇOIS · texte numérisé non relu

JÉRÔME, FRANÇOIS

JÉRÔME

Pauvre Jacques ! Comme il souffre I

FRANÇOIS

Comme cette jeune fllle lui tieut au cœur ! Sa passion le rend injuste.

JÉnÔMK.

Non, petit, non!... Il m'en coûte de blesser ta candeur; mais, quand on a connu, comme moi, le grand oncle Théodore, on ne peut admettre que dans son cerveau ait jamais pu germer la pensée de déshériter un de ses neveux... Je me rappelle encore ce propos qu'il m'a tenu, un mois peut-être avant sa mort : Vous tenez tous les deux la même place dans mon cœur... Je ne veux pas qu'après moi, il y ait de jalousie entre vous... Pierre avait son idée quand il s'est installé au chevet de l'oncle, soi-disant pour lui prodiguer ses soins... Bon apôtre!.. Pour moi, le testament n'a pas été écrit par l'oncle... L'écriture a été imitée... J'ai été une bête de ne pas attaquer à celte époque; j'ai obéi à un sentiment de timidité, de délicatesse... Je ne pouvais pas croire que mon frère pût être capable d'une pareille action... Et puis, la peur du scandale... Le misérable! Par moment, je suis comme Jacques : je vois rouge 1

Je t'en prie, père... Tu te fais du mal, à ruminer ces vieilles histoires.

Page 1