ACTE TROISIÈME C J
JÉRÔME
Je ne suis pas encore g-âLeux... Tu peux me croire... Je ne t'ai jamais menti, pas vrai? Je te répèle que notre domaine est agrandi.... Nous avons besoin de travailleurs pour la moisson... En voilà deux!... Je suis sûr de l'acceptation de Jean... Quant à toi, Gaston?
GASTON
Vous consentiriez, mon oncle ?
JÉRÔME
A la condition que tu sois résolu à suivre la même voie que ton frère, celle de la probité, celle de l'honneur?
GASTON
Pardon, Jean?
Il s'appioche de Jean qui après un instant d'hôsitation lui ouvre les bras.
JÉRÔME
Ton geste est la meilleure réponse que tu puisses me faire.
JEAN
Merci, oncle Jérôme...
JÉRÔME
C'est moi qui te remercie, mon brave... Tu me rends le bonheur avec le courage... Allons, Gaston, i relève le front et retourne à la terre que tu n'aurais jamais dû quitter... Reviens à nos vieilles traditions , de travail, de probité, à nos moeurs simples, patriar- ; cales .. Au contact de tes cousins, tu reprendras goût à la vie, à cette vie saine des champs qui fait la jeunesse équilibrée, forte.
64 Fils Dt: bandit
GASTON
Mon oncle...
JÉRÔME, qui lui désigne les champs.
Regarde là-bas. . . lis sont là, mes fils, mes sept fils: Fernand, Michel, Auguste, Frédéric, Lucien, Jacques, François!... Tous solidement plantés, courageux, vaillants... Salue-les! Ils sont l'espoir du pays, les pères nourriciers de la France!... Je veux fêter avec eux aujourd'hui le retour d'un enfant prodigue, en même temps que la réconciliation des deux bi'anches Roumagnac !... Finies les suspicions! Mortes les haines!... Je ne suis qu'un vieux radoteur... Ce que j'ai colporté autrefois sur mon frère et mes neveux était mensonge et fausseté... 11 n'y a jamais eu de voleur dans la famille... Les Roumagnac, tous sans exception, peuvent garder la tête
haute... (Agitant son chapeau pour faire signe à ses enfants.)
Venez, mes fils!... Accourez tous!... Je vais tirer du cellier une de ces bouteilles poudreuses qu'on ne sert qu'aux fêtes carillonnées!... Nous trinquerons tous ensemble à l'union, à la prospérité des Rouma-
gnac!... (Appelant plus fort en agitant son chapeau.) ACCOU-
rezl... Accourez, mes fils!... Mes sept fils!
Le rideau tombe.
Châtillon-sur-Seine. — Imprimerie F. Boudrot,
a L.A MEME LIBKAIRIE
COMÉOIEB POUR
Person. Prix.
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