‹ Fin de l'ind�ependance boh�eme (volume 2)Chapitre 113 sur 157 · Jiretchek^ /^M^oyiV/, II, p · texte numérisé non relu

Jiretchek^ /^M^oyiV/, II, p

2. H n'est de pires sourds que ceux qui ne veulent pas entendre; aussi on continua à confondre les Frères avec les Picards. Un des griefs les plus souvent répétés contre eux, c'est qu'ils nient la présence réelle, ce qui est. faux. Voici, par exemple, ce qu'écrit Grégoire à Rokytsana, au moment de la persécution (cité par Gindely, I, n. 36.) « Martin Loupatch, — c'était l'évcque utraquistc, — à qui nous avons confessé notre doctrine n'y a rien trouvé à reprendre. Pierre Kheltchitsky aussi, qui a beaucoup écrit sur ce

326 l.A DISCIPLISiK MORAUF.

entraîner sur la pente glissante des abstractions dogmatiques : ils n'éprouvèrent pas le besoin de rédiger un symbole détaillé. Il n'est pas jusqu'aux termes de la résolution relative à la communion, la seule qui vise le dogme, durant la première période de l'Unité, qui n'indiquent cette aversion de la théologie pure; elle invite les fidèles « à laisser de côté les traités, à s'en tenir à la loi divine et à croire simplement. »

Par une conséquence naturelle, les questions de discipline générale ou individuelle passent au premier plan et les F'rèrcs ont une organisation et une règle morale bien avant d'avoir un credo '. LUnité ne condamne pas la propriété individuelle, mais elle voit dans la pauvreté volontaire le signe de la perfection chrétienne. Les fidèles qui distribuent leur fortune aux infirmes, aux veuves, aux orphelins, ceux surtout quiont refusé de sauver leurs richesses en trahissant la vérité, en seront récompensés au centuple. Les Frères ont le droit de disposer de leurs biens par testament; mais, à la veille de paraître devant le Juge suprême, ne vaut-il pas mieux s'affranchir de ces soins terrestres? Les prêtres, tenus de donner l'exemple d'une vertu plus haute, vivent dans la pauvreté évangélique, demandent au travail leur pain quotidien et consacrent aux aumônes tout ce qui n'est pas absolument nécessaire à leurs besoins. Leurs fonctions sont purement spirituelles, toutes les questions matérielles sont du ressort d'un gouverneur (hospodar^ et d'une gouvernante ^hospodyn\ qui rappellent les diacres de l'Église primitive ; ces derniers visitent les

sujet, a pense que le meilleur était de croire ce qu*a enseigné Jésu^-Christ. » La doctrine des Frères, à ce moment, repose en efiet sur les paroles mêmes de TEcriturc : Ceci est mon corps (présence réelle), et le pain que nous rompons, c'est-à-dire négation de la transsubstantiation. L*erreur, plus ou moins volontaire des ennemis des Frères, peut s*expliquer en partie par rimportance qu'ils attachaient au maintien delà substance du pain et du vin. — Au début, ils recevaient la communion debout pour protester contre radoraïuHide Thostie. Cette habitude provoqua un tel scandale et donna lieu à tant dccalomnics, qu'ils se décidèrent à l'abandonner (ScAivetitiff, p. aai), I. Cette lolcrancc thcologique reste un des traits les plus remarquables de ri'nitc. Elic explique aussi les très nombreuses variations qu^elle a traversées.

Page 1