‹ Fin de l'ind�ependance boh�eme (volume 2)Chapitre 122 sur 157 · I.KS PARTIS DANS l'I'NITK [{^S · texte numérisé non relu

I.KS PARTIS DANS l'I'NITK [{^S

de supérieur '. On retrouvait dans ses ouvrages les qualités de niodéraiion, de charme, de douceur [dulcissima rerba), v)ui expliquent son ascendant personnel. Loukach lui-même ne résista pas à celle raison aimable et revint à des opinions moins excessives -. Ses syllogismes auraient trouvé bien des incrédules. Procope rallia tous les hommes de bonne volonté, tous ceux qui cherchaient en toute simplicité de C(eur la vérité et la prospérité de leur Kglise.

La lutte se concentia, comme toujours, autour d'une question de dogme, la grâce et le mérite de Thomme. On se rappelle les inquiétudes qu'avait traversées KheU tchitsky; depuis tors, l'Unité n'était jamais arrivée à une doctrine claire et définitive : elle hésitait entre la doctrine si précise de l'ICvangile et les préoccupations morales qui ne lui permettaient pas d'abandonner le principe de la liberté humaine et l'utilité des œuvres. Dans le synode de 1464 qui avait lixé les dogmes et les rites des Frères, la justification par la foi avait été proclamée; mais il est probable qu'elle avait été depuis, non abandonnée, mais sérieusement atténuée : dans le colloque de 1473, les docteurs utraquistes reprochaient à Michel et à Grégoire de faire « surtout reposer le salut dans une vie vertueuse ». Il ne manque pas de païens qui pratiquent la vertu : à quoi cela leur sert-il, s'ils n'ont pas la vérité? — Tout en faisant très large la part d'exagération ou de mauvaise foi habituelle à des adversaires, il ne paraît guère douteux que Michel et Grégoire avaient du donner quelque^prise à ces accusations; ils ne contestaient pas l'importance particulière de la foi, mais croyaient qu'elle devait se manifester par des (euvres et que l'on compromettait son salut en se reposant trop sur les mérites du (Christ. Us exigeaient avant tout des fidèles la possession de soi-même, la soumission et le renoncement, une vie d'austérité et de dévouement.

On s'explique dans ces conditions qu'Amos et ses amis aient pu en toute sincérité se représenter comme les vrais

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