Tclias., ÏÎ5ÔI, p. 3 7 T
2. Ses prncûaés Je pnlciuiquc en revanche ne vnricrcni. guère.
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dcpt>siiaircî> de la tradition en attachant au\ (cuvrcs une iniporiancc prcpondcrantc. — l/honnuc, répondaient leurs ad\crsaires, dcûl attendre son salut non de son propre mérite, mais du mérite du Sauveur. Ils étaient ceriainemeni tidèles sur ce pc^int a la pensée du fondateur de l'Unité, mais ils s'en élc»ii»naient par les conséquences viu'ils tiraient de leur principe, la résignation inditVérente et Tinertie nu>rale : t<»ut est pur dan5 celui qui est pur.
A laquelle de ces deux opinions se rattacherait la niaiorité: I.e piooramnie et Vavenir de Tl'nité en dépendaient. Les partisans dWmos refusaient d'admettre parmi eux les seii^neurs et les riches, réprouvaient absolument le commerce, la i;uerre, le serment, Texercice de toute autorité séculière; \ictorieux, leur étroit as'cétisme condamnait la secte a la stérilité et à Tisolement. Procope, dans son Traité sur la bonne \olonté 1400 et dans son (Commentaire sur le \' chapitre de saint Mathieu, le Sermon sur la montagne était le texte préféré des rii>oristes\ sViVorça de trouver une solution m<Mns ra*.lîcale, prit position à égale distance de tous les exaj^éiés, et prop(»sa une c»pinion qui conciliait Tinter\ention divine et la liberté humaine. La î»ràce est nécessaire et sans" elle tous nos ell\>rts seraient stériles, mais nous devons travailler à mériter le choix de Jésus par notre repentir et nos \ertus. Il nous est impossible de remplir sur tous les points les ordies de Dieu, niais ayons de la bt>nne volonté, et le Sauveur ne nous abandonnera pas. Les riches et les nobles sont entourés de dangereuses séductions, niais, s*ils évitent les péchés mortels qui entraînent aussi la damnation des pauvres, il ne leur est pas impossible de faiie leur salut; s'ils mènent ime vie chrétienne et gouvcrn<.nt suivant les prescriptions de TlCvangile, par quelle inti^lérance leur feiineraii-on rTniié? Le p»»uvt»ir séculier a été crée par Dieu poui' le bien uénéial : les l'rères ne violent pas la lt»i du Sauveur en léclamant la pioicction de rautt>rité réuuiière et en Texercani eux-mêmes dans les conseils ou dans toute autre hmciion '.
j. Prov.»pL. < '."Tîîici'Kiirc Ju «."•.v|;i'i1p'l cliapitrc Je N.iini Maihicu. iV.ipro l'icubck. I\uk>*i'.tL II. y I "* I - "Xî •> i"« >î' 'i'"* pviiprcN mcriics ne NurtiNciM
SYNODE DE BRANDYS 347
La niodcration de Procope et rintervention de Klénovsky entraînèrent le synode de Brandys (1490); mais, à peine de retour dans leurs paroisses, les rigoristes essayèrent d'ameuter les esprits contre les concessions faites aux modérés : elles étaient fort timides cependant et pleines de restrictions, mais il était facile de prévoir qu'on ne s'arrêterait pas là *. Des prédicateurs fanatiques dénoncèrent T Antéchrist qui s'étaitglissé dans le cajiip des serviteurs de Dieu : comme à répoque de Sylvestre, Sataii avait réussi à compromettre l'œuvre du Seigneur. Nous ne connaissons malheureusement pas les incidents de la lutte : le récit de Loukach est une apologie visiblement arrangée dans le but de rejeter tous les torts sur les rigoristes -. Les deux fractions se disputaient Tévèque, Mathias de Kounvald, animé des meilleurs sentiments, mais faible, hésitant, tiraillé entre ses préférences qui le portaient du côté des novateurs et ses souvenirs, la crainte de trahir la volonté de Grégoire. Apres diverses péripéties, les novateurs l'emportèrent d*étinitivement au synode de Rychnov (Rcichnau, 1494); leurs chefs furent appelés aux principales fonctions, et, Tannée suivante, rassemblée condamna ceux des écrits de Kheltchitsky et de Grégoire qui ne répondaient plus aux besoins du temps : rUnité ne reconnaissait d'autre maître que le Christ, d'autre règle que sa loi ^.
Cette résolution était une révolution. Les Frères s'affranchissaient de leurs traditions et de leur passé. Ce qu'il y
ftu salut; la bonne Vdlontc compense nos imperfections et est acceptée par Dieu comme complément Je nos (Luvrcs. "(Goll, Tchas.y 1886, p. 307).
i.Lc synode n'avait pas condamné les doctrines de Cir飻<»ire et il avait Pîcme proclamé la supériorité des ancieimcs coutumes, mais il n'en imposait plus l'observation comme une condition indispensable du salut.
2. Suivant l'opinion généralement admise, les modérés, sur les pr(»positions de Klcnovsky, auraient volontairement abandonné les décrets v< lés à Brandys et auraient laissé aux rig<»ristes la direction de l'I'nité, utin qu'ils se rendissent compte par eux-mêmes de la nécessité des changemenis. L'événement leur aurait donné raison, et, quelques années après, une forte majorité se serait prononcée en lenr faveur. H faudrait des preuves bien fortes pour accepter un récit aussi invraisemblable, et le témoignage de L<aikach me semble insuffisant.