‹ Fin de l'ind�ependance boh�eme (volume 2)Chapitre 125 sur 157 · LK PETIT-PARTI · texte numérisé non relu

LK PETIT-PARTI

resta une grande école de progrès moral et de foi tolérante et large.

Âmos ne se résigna pas à sa défaite et il rencontra un auxiliaire dévoué dans un meunier remuant nommé Koubik. Aidés par un certain Grégoire de Votitse, qui corrigeait leurs écrits, ils attaquèrent violemment les progressistes, les accusèrent de suivre l'exemple fatal des Taborites et de vouloir a Zizkover ' ». Toutes les tentatives de conciliation restèrent inutiles, et ils furent enfin solennellement exclus de l'Unité. Ils avaient entraîné un certain nombre de fidèles, surtout dans les groupes de la Bohême occidentale et plus particulièrement dans les cercles de Klatov (Klattau) et de Prachyn ; on les appela le Petit-Parti ou les Amosites. Amos ne manquait pas de quelques-unes des qualités du chef de secte et il réussit à conserver ses fidèles; mais certaines causes sont perdues d'avance. Le Petit Parti, recruté presque exclusivement dans les classes inférieures, ne se composait que de fanatiques sans instruction et sans idées; il s'était condamné volontairement h l'immobilité et à la mort. Après avoir repoussé tout changement, il devint la proie de la division, se morcela en sectes nombreuses, et finit par disparaître sans laisser de traces, moins d'un demi-siècle après le schisme ^.

Aucune période de l'histoire des Frères n'est aussi remarquable au double point de vue du développement organique et des progrès extérieurs, que celle qui s'étend depuis le synode de Rychnov jusqu'au moment où la Réforme luthérienne commence à se répandre en Bohême. Procopc et Loukach fixent d'une façon à peu près définitive, non la croyance qui varia encore souvent depuis, mais la constitution et la discipline. Mathias de Kounvald, un peu discré-

I. Histoire des persécutions, chap. xxm. Cp., pour ces ëvcncmcnts,Jirctchck, Ruk. art : Âmos, Koubik et Kalcncts, et surtout Ooll, Tchasopis 1886, p. 3io et sq.

3. Amos mourut vers iS'J'i. Il fut remplacé dans la capitainerie du Petit- Parti par un coutelier de Prague, Kalencts, ijui fut mis au pilori et chassé de la ville. Le Petit-Parti était dès lors en complète dissolution.

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dite par ses incertitudes et ses brusques vanations^ mais respecté maigre tout pour la droiture évidente de ses intentions et sa résignation modeste, dut à la sagesse des vainqueurs de conserver sa dignité épîscopale; mais son rôle se réduisit désormais à consacrer les candidats à la prêtrise. A sa mort (i5oo\ on nomma quatre évèques que Ton désigne ordinairement sous le nom de Seniores. Loukach fut Tun d'entre eux et il exerça dès lors une influence prépondérante : grâce à lui, les diverses paroisses des Frères furent soumises à des règles communes» et il transforma en une véritable unité la confédération )usqu*alors assez flottante, l^s différences locales furent condamnées, et le service dîvin se célébra partout d'après un rite uniforme.

Le culte des prcmienJ Frères, froid et sec, n*était guère fait pour toucher l'imagination ; Loukach le modifia profondément : les cierges, les vases sacrés, les ornements précieux, les chants lui rendirent un peu de la pompe catholique. Plus d'un s'indigna de ce retour à l'idolâtrie; mais Loukach rappela aux mécontents qu'ils étaient tenus d'obéir aux évèques et triompha en somme facilement de toutes les velléités de résistance ». Son autorité était toujours plus respectée ; il faisait de Mlada-Boleslav, sa résidence ordinaire, la capitale des Frères; les Calixtins et les Catholiques voyaient en lui, non seulement l'évèque le plus écouté, mais le chef absolu de TUnité; un de ses adversaires l'appelle Tanti-pape '.

Cette puissance, Loukach la devait surtout à ses qualités personnelles et non à ses fonctions. Un grand changement s'est en eflot accompli dès lors dans l'organisation hiérarchique des Frères : à l'origine, presque tout le pouvoir appartenait ù l'évèque; il passe désormais au Conseil Ktroit-\ Kn principe, l'autorité appartient à l'Église entière représentée par le »t Synode », qui comprend avec les prêtres cl

I, Schweiuiî/, p. I^<2.

a.JircichcK. Hukjvict^ p. 4411.

:<. Il y a une usscj: grande analogie entre l'organisation des Frères à Tèf^^ vjuc dc'l.'UKavh cl ccUc de IFgUsc de Oenèvc s«Mis la direction de Calvin.

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