Décrets des Frères, publiés par Gindely, p
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avait dans les doctrines de Khehchitskv d'excessif et d*înconciliable avec la vie sociale» s'était accentué encore pcndant les années de persécution ; dès que la situation s'était éclaircie, la nécessité des concessions s'était imposée. Les décisions de 1494 et de 1495 marquent le commencement d'une ère nouvelle '• Procope et Loukacb n'acceptent Thé^ ritage de Kheltchitsky et de Grégoire que sous bénéfice d'inventaire. Les craintes d'Amos n'étaient pas sans raison, et Satan pénétrait dans la cité sainte* Jamais peut-être n*a éclaté avec plus d'évidence la force irrésistible des événements et des situations, leur action toute^puissante sur les systèmes et les hommes. Le monde ne s'ouvre qu*à ceux qui acceptent ses conditions; pour faire une place aux Frè* resy la société exigeait d eux qu'ils commençassent par la reconnaître.
D'imponantes modifications traduisirent bientôt d'une manière extérieure les graves changements accomplis. Les Frères abandonrièrent peu à peu celles de leurs cérémonies par lesquelles ils marquaient le plus nettement jusqu'alors leur séparation des autres communions chrétiennes, ne contestèrent plus la valeur des sacrements conférés par les prêtres romains, n'exigèrent plus aussi rigoureusement le second baptême des néophytes. Un esprit de conciliation et de tolérance souffla dans l'Unité; les nouveaux directeurs firent preuve d'ailleurs d'autant de prudence qu'ils avaient montré de décision et de coup d'oeil. Ils ne poussèrent pas leur victoire jusqu'à ses conséquences extrêmes, ne perdirent pas de vue le véritable but à atteindre, hi rénovation des âmes par l'adoration du Christ. Débarrassés de leur rigueur excessive et comme atténués par l'expérience, les principes de Kheltchitsky se montrèrent féconds, et l'Unité
1, M» MûUer a pVouvé qu'entre rUiiité primitive et celle qui fut reccmstituée par Loukach, il n")* a presque de commun que le nom. Loukach ne cite presque jamais les opinions de Kheltchitsky que pour les combattre; sur la doctrine de TEucharistie en particulier, il se rapproche très sensiblement de la doctrine taborite que les premiers Frères au* contraire repoussaient absolument.