‹ Fin de l'ind�ependance boh�eme (volume 2)Chapitre 140 sur 157 · Actes de la v. dePl\en, i5oo. Cité par Sabina, p · texte numérisé non relu

Actes de la v. dePl\en, i5oo. Cité par Sabina, p

4O0 PROGRK.S l>K LA NAriONALlTK TCHKQIK

mierzitsc vL<iitmcniz\ Khroudim, Liiomychl, som rcdcvcnues slaves. A Ousti sur l*Elbe ^Aussig\ le conseil municipal est encore purement allemand en 144^,01 toutes ks chartes, jusqu'à celle par laquelle Podicbrad, en i45u. confirme les privilèges de la commune, sont en allemand ou en latin. — Depuis 1459, tous les documents officiels sont en tchèque; cela dure jusqu'en 1628, et la population oublie Fallemand avec une extrême rapidité '. — l^i commune de Koutna-Hora décide, en I47(^ que les conseillers sortant de charge ne devront pas présenter pour leui's successeurs des étrangers ou d'autres personnes hostiles au calice; résolution d'autant plus remarquable que Koutna-Hora avait toujours passé pour un des centres les plus complètement soumis à l'intluence germanique et qu'après lès Compactats, d'assez grands efforts avaient été faits par Sigismond pour y rappeler les Allemands. Dans la région des Monts Métalliques, Teplitse reste tchèque jusque vers la fin du XVI* siècle. Des villes qui sont aujourd'hui en plein territoire allemand, où Ton n'entend que par hasard un mot tchèque, sont alors ou complètement slaves ou sérieusement entamées par l'immigration : ces progrès sont sensibles sunout dans le nord et le nord-ouest qui forment aujourd'hui la forteresse des Allemands de Bohème. Cheb même, Chcb vÉger\ qui n'est pas cependant encore définitivement réuni à la Bohème, mais garde son autonomie et ses institutions spéciales et que rattachent il TEmpire sa situation et des relations constantes, très hostile longtemps aux hé*rétiques, renferme une importante minorité tchèque et est au moins une ville mixte : de même à Khomoutov Komotau\ à Karlovary vKarlsbad\où Taffluencedesétrangei^ ne suffit pas h compenser Timpulsion générale; Machtiov. vMaschau\ à 1 ouest de Zatets, est peuplée d'hérétiques qui ne parlent que le bohème et au milieu desquels se perdent quelques étrangers. Les contrées de Przimda ^Erauen-

I. Guill, Fcismcr, Gcsch. dcr Konigl. Siadi Aussig bis /um Jahrc i.'»^-. — Rcichcnbcriï l^^3.

PROGRÈS DE LA NATIONALITK TCHKQUK 407

bcrg), Takhov, Plan,Tepl, Boukhov, Kadan, n'ont pas encore été occupées par les colons allemands ; vers le sud, la ligne de séparation des deux nationalités est beaucoup plus éloignée de Prague que de nos jours : Khroumlov et Nové-Hrady (Gratzen) sont tchèques, et les contreforts de la Forêt de Bohême ne seront peuplés par les Bavarois et les Autrichiens que beaucoup plus tard '.

Les étrangers ne se risquent pas^ sans hésitation dans un pays dont l'opinion publique leur es\ franchement hostile; ils ne se hasardent qu'en compagnie d'un interprète ^. Lorsqu'ils ont franchi la frontière, ils croient pénétrer dans un autre monde; Le rédacteur des Archives du Conseil de Gcerlitz oppose sans cesse la Bohême à l'Allemagne. « Lorsque je revins en Allemagne, après mon séjour en Bohême, nous dit-il, mes habitudes, mes vêtements, mes longs cheveux blonds que je soignais comme les Tchèques et qui flottaient sur mes épaules et presque jusqu'à ma ceinture, me donnaient l'air d'un barbare et presque d'un païen, m

Les Tchèques ne se contentaient pas d'une possession de fait, les lois sanctionnaient leur triomphe et les protégeaient contre toute surprise. Le slave est désormais la seule langue officielle. Dès 1480, la diète de Moravie ordonne que les actes insérés dans les Tables du pays devront être écrits en tchèque. En 1492, la diète provinciale de Kralové-Hradets demande que l'on établisse la même règle en Bohême pour éviter les confusions et les erreurs. La pro-

I. Les Allemands occupent déjà la contrée comprise entre Cheb (Égcr), Kynzwart, ()sirov(Schlackcnwcrd), Hroznictin (Lichtcnstadi), Przisetchnitsc (Pressnitz) et Kliommitov, la cliarne des Mnnts Métalliques jusqu'à Kœnigslcin, (qui fait Inngicfiips pari-ie de la Bohême), le Niederlaud ou le bassin de la Neisscet les coni reforts du lechtied (Jcchkcn), d'importants ilots vers la frontière de la Moravie, en particulier la contrée de Niémetsky-Brod (Dcuischbrod). C'est à peu près le seul point sur lequel les territoires alle- 'z^!!!; l!!"*!,"'."" ['*"'"'' '^L"* nit>ins étendus qu'au xV siècle. — Cp. Cholts, La

Jkehmett^ r, p. 427 >hômc) ;

schen und ihrer Sprache in lUehmeu, Prague lyXX; Dobn.vsky, Gesch. der J. Hutzbacli, Chvmiica dues fahi cudcn SdiiVrrs, RalisiMMine («♦„,.

4o8 PROGRES DE LA NATIONALITI^ TCHKQUK

position, communiquée aux autres assemblées provinciales, est accueillie avec enthousiasme et transformée en loi par la diète de 1496 ». Dans les tribunaux, le tchèque est la seule langue admise, et il n'est fait aucune exception même pour les étrangers *. En i5o5, les comtes Schlick, très hostiles à la nationalité slave, essaient de protester, veulent se servir de l'allemand dans un de leurs nombreux procès : on leur répond qu'on ne saurait donner suite à aucune affaire qui n'est pas introduite en tchèque. Dans les discussions de la diète, les actes diplomatiques, les relations avec les provinces annexes, le tchèque est seul employé; les privilèges accordés aux villes sont rédigés en slave, même quand la majorité de la population est restée allemande. En i5i6, les représentants de Breslau et des six villes de Lusace demandent qu'on leur traduise un document tchèque; les seigneurs s'y refusent absolument : ce n'est pas la coutume, répondent -ils à toutes les doléances. Leur susceptibilité, quelque peu intolérante, les entraîne quelquefois à de périlleuses maladresses; lorsque, en 1547. ils sollicitent contre Ferdinand V^ l'appui des Silésiens, dont ils connaissent cependant les sentiments slavophobes, ils leur écrivent en tchèque, ce qui ne dut certes pas contribuer à leur gagner les sympathies de Breslau.

C'est en tchèque que le roi prête serment, en tchèque qu'il doit présenter ses demandes aux États. Les indigènes seuls arrivent aux bénéfices ecclésiastiques. Comme la diète s'est réservé le droit de conférer l'indigénat, elle est sûre de ne pas être envahie par les étrangers. « Les étrangers ne doivent occuper aucune charge publique, de la première à la dernière, écrit Vchehrd, ils ne doivent pas même être tolérés dans le pays. C'est ce qui s'est passé sous nos rois à la sainte mémoire, sous le bienheureux et saint Spyt tihniev, sous Brzctislas son père, sous le bienheureux et saint Sobieslas, et sous d'autres princes et rois postérieurs,

Page 1