‹ Fin de l'ind�ependance boh�eme (volume 2)Chapitre 15 sur 157 · LES EXIGENCES PONTIFICALES · texte numérisé non relu

LES EXIGENCES PONTIFICALES

s*étau opéré parmi les Hussites, croyait n'avoir toujours devant elle que des partis divisés, sans consistance, et elle était confirmée dans ses prétentions et ses préventions par SCS partisans tchèques qui exagéraient leur influence.

L'année 1446 est une date fort importante dans Thistoirc du Hussitisme; elle marque une sorte de crise dans la politique extérieure et dans la politique intérieure : au dedans, les Utraquistes, résolus à ne pas se laisser plus longtemps berner par les Catholiques, jettent les premières bases d'une constitution régulière ; au dehors, la cour de Rome, dont la conduite a été jusqu'alors assez flottante, démasque ses projets et fait de la soumission absolue des Hussites la condition première de toute négociation. Le terrain de la discussion se déplace ainsi brusquement, et les Tchèques se trouventen présence d'exigences dont ils ne soupçonnaient pas la possibilité.

Jusqu'à ce moment et en dépit de la mauvaise volonté qu'ils rencontraient, les Tchèques n'avaient jamais supposé que l'Église songeât à contester les Compactats ; la discussion, dans leur esprit, ne portait que sur quelques points secondaires, dont un seul avait une certaine gravité, l'élévation de Rokytsana à l'archevêché de Prague. Ils envoyèrent à Rome des délégués chargés d'en rapporter enfin la nomination de leur candidat. Quelle fut leur stupéfaction quand on les invita à renoncer au calice (1447)! Non seulement les cardinaux refusaient toute nouvelle concession, mais ils prétendaient obtenir des'Hussites une soumission sans réserve : une seule chose, disaient-ils, est absolument nécessaire au salut, c'est l'obéissance au pape ; s'il lui plaît d'affirmer que le Christ est «n homme, et non pas le fils de Dhcu, le ciel appartiendra à ceux qui auront cru à ses paroles '. Rome se rappelait à propos qu'elle n'avait pas

I. Voir le rapport de l'ambassade devant la diète, Archiv tchcsky, II, p. 234, 11 donne bien l'idée de l'effarement des ambassadeurs, en présence de ces prétentions et de ces théories. Ils rapportaient également de Rome la preuve de la perfidie des seigneurs catholiques qui feignaient d'appuyer les demandes des Utraquistes et les combattaient sous main.

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