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NICOLAS DE Cl ES ET CAPISTRAN 5r)
tant les courages, son éloquence ne contribua pas peu à Téchec des Turcs, et la ville, délivrée du péril, unit justement dans sa reconnaissance le nom de Capistran à celui de Jean Hunyade '. Singulier missionnaire pour une œuvre de paix, collaborateur assez malencontreux pour Nicolas de Cues! Capistran parcourait les contrées voisines de la Bohême, enlevant quelques conversions dont il menait grand bruit, publiant avec fracas une bulle par laquelle le pape lui donnait le droit d'accorder l'absolution à tous ceux qui se seraient rendus coupables de quelque hérésie, comme par exemple d'avoir communié sous les deux espèces =.
Il écrivait à Podiébrad de ne pas s'obstiner dans son erreur, accablait Rokytsana d'inspltes, exaspérait les Tchèques par ses calomnies et ses insolences. En vain Nicolas de Cues, fort mécontent de cette exubérance, lui recommandait-il quelque réserve ; pourquoi se servir contre Rokytsana de ce gros mot d'hérétique? Il n'était pas aussi simple qu'on le supposait de confondre les Hussites ; ils étaient fort versés dans la connaissance de l'Flcriture, et plus d'un texte semblait en leur faveur; il était dangereux de les pousser à bout ^ (1452^. — Capistran le prenait de très haut avec lui, et Nicolas, de fort mauvaise humeur, était tenu ii beaucoup de ménagements vis-à-vis de ce fou. Qui savait s'il ne représentait pas après tout les véritables intentions de Nicolas V? Les violents et les sectaires ont toujours d'ailleurs un grand avantage sur les politiques et les modérés. Il est douteux enfin que, même sans cette intervention malheureuse, Nicolas de Cues fût arrivé à quelque chose : la Curie n'avait pas modifié son ultimatum ; le légal juqea dès lors inutile de .se faire un ennemi de Capistran pour un succès fort peu vraisemblable : à la diète de Ratisbonnc, tout en cherchant encore il excuser les violencesde langage du moine,
1. V. le rccii dramatique de ce sicgc, juillet 1434, dans Saint-Rcnc Taillandier, Bohême et Hongrie, p. (">4. Capistran mourut à Iiock le 2 3 ociol^rc
2. Grave offense pour les Tchèques qui avaient loi, jours proteste contre les accusations d'hcrcsic!