Lettre de Fantin, i3 mars
4. Le procureur de Breslau écrit, i5 mars ; « Le cardinal (Nicolas de Cues) m'a dit que si TEmpcrcur faisait cela (c'est-à-dire intervenait encore en faveur de Georges), cela n*aurait d'autre effet que d'amener dans un court espace de temps la nominatirtti d'un nouvel empcrcilr comme d'un n'>uvcau roi. >»
Ô. Script, rcr, Sîles.^ IX, 38.
ANTOINE MARFNl I | 3
demandaient que Ton déposât Georges, et demain elle sera en train '. »
C'était incontestablement une victoire pour le roi de Bohème que de tenir ivinsinm échec son adversaire. Malheureusement, CCS succès diplomatiques ne décidaient rien ; ils sauvaient le présent, mais sans assurer l'avenir. Tant que le pape n'avait pas désarmé, Georges était à la merci d'un incident : quelques seigneurs ambitieux ou achetés qui se révoltaient, un prince voisin que tentait sa couronne, l'ingratitude d'un allié. Kt comment cependant prendre l'offensive et porter la guerre sur le terrain de l'ennemi, pour l(î forcer à capituler? C'est une terrible force que de n'blVrir aucune prise, et quelle prise avait-on sur Pie II?
Le roi eut l'idée, d'abord, d'assurer la paix à l'Allemagne en reprenant ces projets de réforme de l'Empire qu'il avait un moment abandonnés, puis d'intéresser à sa cause les autres souverains de l'Europe, en leur prouvant que ses intérêts étaient les leurs et qu'en résistant à la théocratie il défendait le droit de tous les prince.s. Un de ces aventuriers politiques, grands faiseurs de combinaisons, qui couraient alors le monde et mettaient leur imagination au service de ceux qui consentaient à les écouter, un Français, Antoine Marini, né ù Grenoble, lui avait proposé un vaste dessein de confédération européenne ^ A un moment où l'ancienne constitution européenne, fondée sur la domination du pape et de l'empereur, avait disparu, et où le système d'équilibre qui sortit des guerres du xvi^" siècle n'était pas encore né, un esprit généralisateur et audacieux devait être frappé de la nécessité de remédier à l'incertitude et au désarroi universels. Il s'agissait de substituer à la Papauté et à l'Empire, dont l'autorité, toujours plus nominale que réelle, était aujourd'hui complètement discréditée, un pou-