‹ Fin de l'ind�ependance boh�eme (volume 2)Chapitre 58 sur 157 · LES CAPITULATIONS ELECTORALES · texte numérisé non relu

LES CAPITULATIONS ELECTORALES

nécessites de la défense, il avait été contraint d'engager ou de vendre de nouveau presque tous les domaines qu'il avait rattachés à la couronne, et il avait même dû plus tard aliéner ses propres biens. Ses longs services et les liens qu'ils avaient établis entre le souverain et le peuple, la durée des hostilités qui exigeaient une discipline plus étroite, dissimulèrent, tant qu'il vécut, les suites nécessaires de cette situation. Mais, dès lors, le prestige du trône ne tenait plus qu'à l'homme qut l'occupait. Le successeur de Podiébrad ne reçut qu'une autorité minée par les usurpations; avant d'exercer le pouvoir, il lui aurait fallu le conquérir.

Kn aurait-il la force? En aurait-il même la volonté? Les nobles espéraient que non, et cette conviction, non moins que les préoccupations religieuses et nationales, avait déterminé leur vote. Quel chef plus malléable et moins redoutable auraient-ils souhaité que cet enfant de quinze ans, jeté ainsi, sans préparation et sans appui, au milieu d'un pays qu'il ne connaissait pas, en face d'embarras inextricables? — Les soucisdelapolitique extérieure réioigneraient longtemps des soins de l'administration ; la reconnaissance et la crainte de mécontenter ses partisans le détourneraient des empiétements qui avaient coûté si cher à son prédécesseur. Son éducation était déjà une garantie : il avait grandi en Pologne, au milieu des usurpations d'une noblesse turbulente, et ses souvenirs ne lui représentaient d'autre forme de gouvernement que l'anarchie oligarchique.

Pour prévenir toute surprise, ils le lièrent par des conventions étroites. Les Capitulations de 147 1 , type de toutes celles qui furent imposées aux rois jusqu'en ir>2i, confirmaient d'une manière générale les droits, privilèges et coutumes du pays, c'est-à-dire qu'aucune modification constitutionnelle ou même aucune innovation administrative de quelque importance ne pouvait être introduite que de l'aveu de la diète: en d'autres termes, le souverain ne pouvait obtenir de nouvelles prérogatives que de l'aveu de ceux dont elles limiteraient l'indépendance et sans l'approbation desquels elles conserveraient un caractère révolutionnaire et par con-

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