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cause des seigneurs de celle de leurs serfs» déclarèrent qu*ils ne faisaient pas la guerre aux paysans, ordonnèrent à leurs troupes de les ménager. La discipline des milices bourgeoises produisit le meilleur effet dans les campagnes, les habitants sollicitaient de tous côtés la protection des villes ; la foule de ceux qui s*unissaient à leur armée était si grande qu'ils devenaient un embarras. Si nous acceptions tous ceux qui s'offrent à nous contre les sei> gneurs, écrivent-elles, il ne leur resterait bientôt plus de sujets. L'œuvre d'émancipation, jadis tentée par les Tabo* rites, pouvait encore être essayée : un peu d'audace, et une terrible guerre sociale commençait, dans laquelle aurait peut-être sombré, pour le plus grand bien du pays, la domination de l'oligarchie.
Mais,si les villes voulaient bien se servir des paysans contre les nobles, elles ne songeaient guère à prendre sérieusement en mains leur cause. Elles étaient en coquetterie avec la démocratie rurale, mais une union réelle les aurait épouvantées. Comme au moment des guerres hussites, elles ne comprirent ni la gravité des intérêts en jeu ni l'importance de l'heure. Trop engagées elles-mêmes dans le régime féodal pour en poursuivre résolument la chute, elles ne se sentirent pas peuple et bornèrent leur ambition à se faire une place, quelque modeste qu'elle fut, à côté de la noblesse. N'avaient-elle pas aussi des serfs, et faudrait-il les affranchir? Renonceraient-elles à leurs privilèges et à leurs monopoles commerciaux et industriels? Les ouvriers des villes ne tenteraient-ils pas à la faveur du mouvement d'augmenter leur influence dans la cité? — Les oligarques municipaux jugèrent que c'est une sotte colère que celle qui, pour ruiner ses adversaires, poursuit sa propre ruine; ils ne prêtèrent jamais aux paysans qu'un appui douteux et intermittent, et ceuxci, abandonnes à leur seules forces, n'eurent plus qu'à accepter le joug.
Rien n'est plus diflicile que d'établir à une époque quelconque, au moyen àge^la condition générale d'une classe de la société. Comme la condition des personnes et des choses