CARACTÈRE DE VLADISLAS
couardise : « L'habitude de Sa Majesté, écrit un contemporain, est de tenir pour le parti qui lui paraît le plus fort. » Il n’était pas paresseux, mais son activité était stérile, parce qu’elle était timide et inconsistante. Son père, Casimir, n'avait fait preuve n1 de beaucoup de décision ni d’une grande initiative : 11 avait transmis ses défauts à son fils, exagérés. Dans sa prière quotidienne, Vladislas demandait à Dieu de lui donner la paix et le calme : mais les vaillants seuls sont respectés, sa faiblesse provoqua l'insurrection et son règne fut un des plus troublés de toute l’histoire tchèqe 2
Sa timidité naturelle était encore augmentée par le sentiment qu'il avait de n'être pas en communion avec son peuple : il n’aima jamais la Bohème et fut toujours un étranger au milieu de ses sujets. Il ne leur pardonnait pas l’'obstination de leur hérésie. Trop peu passionné pour entreprendre sérieusement et surtout pour soutenir longtemps une lutte ouverte contre l'Utraquisme, après quelques essais malheureux de réaction, 1l se renferma dans une rancune boudeuse. [Indifférent d’ailleurs à ses propres affaires comme à celles du pays, il assista, témoin inerte, à la chute de son autorité. Chef de deux grands royaumes, il en arriva à devoir prendre son dîner à crédit, et son maitre d’hôtel fut réduit par moments à aller demander au chancelier de Hongrie du vin pour la table du roi !. Les injures sem blaient ne pas l’atteindre et 1l n’essaya pas d’arrêter la révolution qui emportait l'une après l’autre les dernières prérogatives de la royauté ?. Malheureusement, 1l ne fut pas seul à en souffrir, et l’effacement d’un des principaux fac- teurs de la Constitution eut pour conséquence une intolérable anarchie, l’abaissement des caractères et la ruine de l'influence politique de la Bohême.