‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 121 sur 289 · QUESTION RELIGIEUSE E7I · texte numérisé non relu

QUESTION RELIGIEUSE E7I

du grand empire formé par Charles IV, il ne subsistait plus qu'un nom. Le hasard qui, quelques années plus tard, fit de Vladislas le successeur de Mathias, n’effaça pas les terribles effets de la paix de 1470. Les liens qui unissaient entre eux les divers membres de la couronne, trop longtemps relâchés, ne se resserrèrent plus; le royaume ne retrouva pas son influence internationale, et sa faiblesse sollicita toutes les ambitions. Dès lors commence le lent travail de conquête qui transformera cette illustre monarchie en une simple province autrichienne. La fatalité voulut que le prince qui, en quelques années, avait si gravement com: promis l’œuvre de Podiébrad, conservât la couronne pendant près d’un demi-siècle, et cela au moment où se débattaient les questions les plus délicates et les plus complexes.

Un triple problème se posait, religieux, constitutionnel et national, et de la solution dépendait non seulement la prospérité, mais la vie même de la Bohême.

L'Église subissait l’hérésie, mais elle ne la reconnaissait pas et ne renonçait pas à ses projets de revanche; pour le moment, si elle n'avait pas vaincu les Tchèques, elle les avait isolés. Séparés par leur rébellion du reste du monde, enveloppés d’une infranchissable barrière de rancunes et de défiances, ils ne participèrent que très tard et fort incomplètement au grand mouvement de la Renaissance. Enfermés dans leurs frontières, ils n'avaient à compter que sur leurs seules ressources : trouveraient-ils dans le Hussitisme un élément suffisant de progrès et d’activité intellectuelle et morale? Ce n'était pas assez que la nouvelle doctrine subsistât, il fallait qu’elle se développât; qu’importait que l’Utraquisme bravât les attaques de la Curie, s’il ne parvenait pas à s'organiser? Le premier acte des révolutions et leur premier devoir est de détruire; mais, quand

Page 1