ESSAI DE PERSÉCUTION
revinrent au catholicisme et apportèrent au parti pontifical toute l'influence qu'ils devaient à leurs richesses, à leurs talents et à la tradition. Alliés à Mathias, ils n'avaient pas paru aux diètes du royaume, tant que la guerre avait duré; mais, la paix signée, les Rosenberg, les Sternberg, les Schwambourg, les Gouttenstein, les Hradets, les Hasenbourg, etc., allaient reprendre leurs rangs dans leur curie et peut-être y déplacer la majorité. Cette éventualité inquiétait fort les Utraquistes, et leur supériorité incontestée dans les deux autres curies, celles des chevaliers et des bourgeois, ne les rassurait qu'incomplètement, parce qu’en fait l'Ordre des Seigneurs avait voix prépondérante dans les États et que l'intervention royale pouvait paralyser l’action des villes.
La partialité de Vladislas était toujours plus manifeste. Il avait complètement oublié qu'il devait son trône aux ennemis de Rome : son zèle religieux l’emportait même un moment sur son inertie habituelle, et il mettait au service de la cour romaine une fermeté et une constance que l’on n'aurait pas soupconnées chez lui : tandis que les pré-. dicateurs catholiques s’abandonnaient librement aux écarts de leur verve, les dissidents étaient tenus de fort court, et les moindres imprudences sévèrement punies. Un prêtre calixtin fut chassé de Koutna-Hora, et les troubles qui suivirent cette expulsion furent cruellement châtiés. Vers la même époque, l'attitude de l’évêque Jean de Varadin (Grosswardein), ambassadeur de Mathias, et de ses compagnons provoquait à Prague un commencement d’émeute : le roi fit arrêter les Calixtins qu’il soupconnait d’avoir excité les passions !. Une certaine agitation s’étant manifestée dans
ï. Sur la réaction catholique et les résistances hussites, cons. outre Palatsky, t. V, 1; Frind, Die Kirchengesch. Bœhmens, t. IV, p. 80-82; Bachmann, Zur Gesch. des Aufstandes der Prager im Sept. 1483 (dans les Mittheil. des Vereins für Gesch. der Deutschen in Bæœhmen, Prague 1881, 19° année); Bourda, les troubles de Prague en 1483, (en tchèque), dans le Sbornik historitsky, Pr. 1883, p. 120. — Bachmann a publié le récit d’un allemand, Passio Pragensium, important à comparer au Vieux Chroniqueur bohème qui était auparavant la source presque unique,