‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 128 sur 289 · ESPÉRANCES DES CATHOLIQUES · texte numérisé non relu

ESPÉRANCES DES CATHOLIQUES

mais à condition que les prédicateurs auraient le droit de combattre l’hérésie, et les chaires retentissaient de déclamations furibondes : aigris par les souffrances de l'exil, devenus étrangers à leurs ouailles pendant leur longue absence, mécontents de la détresse matérielle où les avaient réduits les confiscations, les prêtres orthodoxes accablaient d’invectives les Utraquistes, les accusaient de baptiser au nom de Lucifer, traitaient de pus le sang du calice. Pour la première fois, depuis de longues années, les cérémonies romaines s’étalaient librement dans les rues. Déjà l'égalité ne suffisait plus aux Catholiques. A Prague, le jour du Saint-Sacrement, les processions des deux partis se rencontrèrent, une bagarre faillit éclater, et le prêtre utraquiste fut souffleté par un seigneur catholique en présence de la foule indignée. On prétendait imposer aux Calixtins des règlements tombés en désuétude, et, s’ils refusaient de se soumettre, des bandes fanatisées envahissaient et dévastaient les temples, maltraitaient les curés utraquistes et les remplaçaient par des catholiques. A Boleslav, sur les domaines de Jean de Tsimbourg, un des plus riches seigneurs du royaume ét des plus respectés, et un des partisans les plus avérés de la Réforme, un prêtre hussite qui voulait célébrer la messe, était insulté et chassé de l’autel par son collègue catholique.

A la diète, les seigneurs catholiques affectaient de contester la validité des Compactats, ils refusaient de conclure une paix perpétuelle avec les Hussites, ne consentaient qu'à une trêve de quelques années. Ils comptaient bien amener peu à peu les États à accepter leurs projets de restauration. Dès l’origine, la haute noblesse avait été plus réfractaire à l’hérésie que les autres classes, et quelquesunes de ses plus illustres familles avaient conservé à l’Église une inébranlable fidélité; parmi ceux qui s'étaient prononcés pour la Réforme, beaucoup avaient cédé moins à des convictions impérieuses qu’à des calculs politiques. Aussi les défections parmi eux furent-elles nombreuses et rapides. En 1448, les Hradets, les Kolovrat, les Hasenbourg, etc.,

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