‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 138 sur 289 · LA RÉACTION CATHOLIQUE A PRAGUE · texte numérisé non relu

LA RÉACTION CATHOLIQUE A PRAGUE

gisements argentifères que l’on exploitait à ses portes et qui pendant les derniers siècles avaient constitué la plus abondante source de revenus du trésor royal. Au moment des guerres hussites, la bourgeoisie allemande y avait combattu les réformés sans pitié ni merci, et ses cruautés n'avaient pas peu contribué à imprimer à la guerre le caractère de violence et de cruauté qu’elle avait bientôt revêtu. Tour à tour conquise et reperdue par les Hussites, la ville avait fini par rester entre leurs mains; les anciens habitants avaient été chassés, et elle était devenue une des citadelles de l’hérésie, jusqu’au moment où le roi avait choisi des apostats pour l’administrer, à l’indignation de la majorité mr di ds et désarmée.

Dès qu’une minorité entreprend d'imposer son autorité, il est fatal qu’elle recoure à des procédés arbitraires et à des mesures vexatoires. D'autant plus que cette tâche ingrate de gouverner contre la majorité répugne aux esprits généreux et que l’on est obligé d'accepter les services de séides suspects qui dépassent bientôt les instructions de leurs maîtres. Les premières illégalités entraînent progressivement les coupables jusqu'aux plus extrêmes violences, souvent malgré eux. Il y a là une loi du mal qui se vérifie à toutes les époques troublées et à laquelle n’échappèrent pas Vladislas et ses inspirateurs. Les conseillers, nommés par

le roi à Koutna-Hora et à Prague, firent bientôt peser sur les.

villes qu’on leur avait livrées, une lourde tyrannie ; on leur avait demandé, en les choisissant, moins de scrupules ou de probité que de résolution : ils cherchèrent à se dédommager argent comptant de la haine qu’ils inspiraient et des représailles qu'ils redoutaient. L'on ne saurait sans doute accepter sans discussion toutes les accusations lancées plus tard contre eux par les révoltés victorieux : mais les faits établis à leur charge suffisent à expliquer l’exaspération de leurs concitoyens '’. Un de leurs serviteurs, dont la con-

ï. V. dans les Anciennes chroniques bohèmes, III, p. 510-515, les déposiuons des prisonniers après l’émeute.

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