LA RÉACTION CATHOLIQUE A PRAGUE
science n'était pas très délicate, avoua que si d’autres avaient commis des actes semblables, ils n'auraient pas échappé à la potence. Ils trafiquaient de la justice, recevaient des deux mains, prononçaient en faveur de ceux qui se montraient le plus généreux. Voulait-on obtenir une déclaration de majorité? — I] fallait payer; payer, pour que la validité d’un testament fût reconnue. Quand ils se rendaient dans une maison pour recevoir les dernières volontés d’un mourant, ils confisquaient ce qu’ils trouvaient, saisissaient les valeurs, modifiaient les legs, faisaient rentrer les créances à leur profit. Un régime de délation et de terreur empêchait toute protestation, « Un bourgeois n’osait parler librement à son compère; si des voisins se rencontraient dans la rue, ils regardaient autour d’eux comme des loups, de peur que quelqu'un ne les entendit et ne les trahit. Partout les conseillers avaient des délégués et des mouchards : ils se répandaient dans les cabarets et dans les auberges, engageaient la conversation : se laissait-on entraîner à leur répondre, lâchait-on quelque mot de nature à déplaire aux conseillers, aussitôt ils vous dénonçaient. Les arrestations et lés supplices marchaient grand train » !. Les magistrats étaient sûrs de l'impunité, parce qu’ils favorisaient ouvertement la réaction catholique. Avec leur connivence, des prédicateurs fanatiques, complètement ignorants de l’état des esprits, poursuivaient une campagne furibonde contre l’hérésie. Les plus bruyants héraults de cette croisade étaient les moines mendiants que Vladislas semble avoir appelés d'Allemagne et chez lesquels les haines religieuses se compliquaient de passions nationales : ils appelaient l'heure de la revanche qui vengerait l’Empire de ses humiliations. Valentin Vek, Maître Pouchka, « complètement oublieux des conseils d’Augustin qui dit que, lorsque la multitude se trompe, il faut agir avec douceur et non avec violence », s'étaient taillé une réputation au milieu de ces énergumènes par l’exubérance de leur zèle,
RM ID 239,