‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 144 sur 289 · AFFAIBLISSEMENT DU POUVOIR ROYAL · texte numérisé non relu

AFFAIBLISSEMENT DU POUVOIR ROYAL

pas maintenu le prestige du pouvoir central ; l'extension des institutions féodales, en enlevant toute influence à ceux qui n’appartenaient pas à la caste privilégiée, livra à quelques centaines d'hommes les destinées du pays, ruina l'esprit public, empêcha l'établissement d’un régime stable, — parce que les bases de l'autorité furent trop étroites, — et compromit l'existence même de la patrie.

La dépendance de la royauté la condamna, d'autre part, à devenir révolutionnaire, parce qu'il était impossible à la longue qu'elle se contentât de la situation qui lui était faite; inutile, elle devint par cela même dangereuse, et l’oligarchie qui l'avait annulée fut toujours menacée par ses retours offensifs. L’inertie et l’imprévoyance de Vladislas condamnèrent ainsi le royaume à une série de crises violentes : la lutte des classes et des pouvoirs devint un mal endémique, les partis ne connurent d’autres procédés de gouvernement que les coups de main, et, de fait, la situation une fois donnée n’en comportait guère d’autres.

L'excuse de Vladislas, c’est qu’il avait reçu la couronne dans des conditions très difficiles. « Quand tu es arrivé au trône, dit Bohuslas Hasistein de Lobkovits, tout était chancelant et incertain; il n’y avait rien de solide ni de sûr. Au dehors, la guerre menaçait ; au dedans, les intrigues; beaucoup t'abandonnaient, si leurs services n'étaient pas payés par des dons quotidiens ‘. » La ligue de Zéléna-Hora n'avait pas rétabli le Catholicisme, mais elle s’en consolait parce qu’elle avait réalisé l’autre partie de son programme, et non celle qui lui tenait le moins au cœur. Podiébrad avait été brusquement arrêté dans ses efforts pour relever la monarchie de la subordination où l'avait réduite la révolution hussite : non seulement la guerre avec Mathias avait absorbé son attention, et la révolte des ligueurs enlevé à sa domination une portion du royaume, mais la plus vulgaire prudence l’obligeait à abandonner des projets qui lui auraient aliéné la noblesse encore fidèle. Pour faire face aux

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