‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 151 sur 289 · INDIFFÉRENCE DE VLADISLAS · texte numérisé non relu

INDIFFÉRENCE DE VLADISLAS

racher dans un jour de lassitude ou de faiblesse la renon-. ciation du monarque. |

Rien n’était mieux fait cependant pour affaiblir la royauté que les incertitudes qui planaient ainsi sur la nature et l’origine de son autorité, et les nobles en tirèrent avantage pour la réduire à n'être plus qu’une ombre sans corps et sans action.

Au moment où Vladislas arrivait en Bohême, malgré les progrès de la noblesse et bien que les circonstances continuassent à être favorables aux Grands, la partie n'était pas perdue pour le roi. Les villes, fortirritées des envahissements des seigneurs, étaient toutes disposées à renouer avec le souverain l'alliance un moment interrompue; quoique les derniers événements eussent atteint leur richesse, leurs ressources étaientencore fortimportantes : abandonnées à leurs seules forces, elles n’en tinrent pas moins en échec l’aristocratie pendant de longues années; unie à elles, la royauté eût facilement arrêté les progrès de ses adversaires et sauvé de son pouvoir ce qui était nécessaire pour la stabilité et l’ordre publics. Sans parler des paysans qu’il eût suffi de protéger contre la servitude pour s'assurer leur inaltérable dévouement, parmi les nobles eux-mêmes, les alliés n’auraient pas manqué au prince: tous ne tiraient pas de l’anarchie un égal avantage, beaucoup auraient préféré à ses bénéfices irréguliers et douteux la paix et la sécurité, quelquesuns avaient l'esprit assez haut pour s’effrayer d’exagérations dont le dernier terme serait fatalement la ruine du pays et une réaction despotique.

Comme il arrive souvent, la majorité honnête et modérée fut écrasée par une minorité dont les convoitises étaient vives et la poussée continue, mais le résultat eût été tout différent si Vladislas avait su la grouper et la diriger. Malheureusement il n’eut jamais la moindre intelligence du.rêle qui lui incombait, et les circonstances détournèrent bientôt son attention des affaires de Bohême. À la mort de Mathias, en 1490, les Hongrois lui offrirent le trône; revanche inespérée pour les Tchèques! Les provinces annexes

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