‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 155 sur 289 · RUINE DU POUVOIR ROYAL · texte numérisé non relu

RUINE DU POUVOIR ROYAL

Dix ans à peine après l'élection de Vladislas comme roi de Hongrie, la défaite de la royauté était si complète qu'elle semblait renoncer à tout espoir de revanche et sanctionnait la victoire de l’oligarchie en approuvant la constitution de 1500. À ce moment, presque tous les domaines de la Couronne sont aliénés, et les nobles ont obtenu du prince qu’il abandonnât le droit de déshérence '. Le souverain n’a ni ressources permanentes et régulières, ni force publi-

ue, ni administration. Il n’a d’autres revenus que les reque,

devances votées par la diète, et, comme l’impôt n’est pas encore entré dans les mœurs, les Etats ne l’accordent que de temps en temps, dans certaines circonstances et sous les plus expresses réserves ; 1l est réparti et perçu par les élus de la diète. Bientôt les recettes n'entrent même pas dans la caisse royale. Le souverain, aux abois, a sollicité des principaux seigneurs des avances et des emprunts; les créanciers de la Couronne en abusent pour amener Vladislas à remettre complètement entre leurs mains la Chambre Royale, c’est-à-dire la direction des finances ?. Le roi esten état de liquidation judiciaire. L'administration de la dette publique, des finances royales et de la fortune privée des grands officiers de la couronne se confond ; le désordre est inextricable et les malversations éhontées. Les impôts n’enrichissent que des spéculateurs et ne suffisent même pas à payer les intérêts échus. La royauté s'avilit par son impuisressemblait presque à celle d’une république aristocratique, le roi-margrave n était pas plus puissant que le doge de Venise, les États étaient plus puissants que les célèbres États-Généraux. » — Avec quelques variantes, la situation était la même en Bohème qu’en Moravie.'

. Le droit de déshérence était, en effet, un des moyens de refaire le pa- Re royal, et » Par là, de rendre quelque prestige à la royauté; il ne s’appliquait d’abord qu'aux fiefs, mais s'était peu à peu étendu aux alleux divisés. Les nobles avaient d'abord réclamé le droit pour le propriétaire de disposer de ses biens, à condition de faire inscrire de son vivant ses volontés dans les Tables du Pays. Cette mesure avait tellement réduit les déshérences que Vladislas consentit sans peine à renoncer au principe même. La loi de Vladislas ne s’appliqua d’ailleurs qu'aux alleux, et non aux fiefs.

Cp. Votsel, (le droit de propriété chez les anciens Bohêmes, en tchèque), dans les Abhandl. der K. bæhm. Gesellschaft der Wissens., V° Folge, t. XI, P- pi

2. Cp. Rezek, (la réforme de la chambre tchèque sous Ferdinand I°"), dans les Comptes- rendus de la Société des Sciences de Prague, 1882, t. XXII.

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