NOBLES ET BOURGEOIS
L'opinion de Rendl et des nobles découlait très logiquement des idées juridiques universellement répandues alors. Les villes, disaient-ils, fondées par le roi en vertu de ses pouvoirs seigneuriaux et sur ses domaines, n’ont aucun titre légal à s’immiscer dans les affaires publiques; introduites par tolérance dans le parlement, elles s’y sont maintenues à la faveur des troubles, mais la possession ne justifie pas la légalité de leur intervention. Libre aux bourgeois de se réunir pour discuter avec le roi leurs intérêts particuliers: mais, vis-à-vis des autres Ordres, ils ne sauraient avoir pour interprète et pour représentant que le roi. Leurs rapports avec le souverain sont ceux de sujets à seigneurs, et leur présence à la diète est aussi anormale que le serait celle de députés des cités ou des villages qui dépendent des nobles.
Les Seigneurs ouvrirent la campagne l’année même de la réconciliation du roi et des Catholiques, en 1470, et, sans s'arrêter aux protestations indignées des villes, passèrent de la théorie aux actes. Ils ne communiquèrent plus les votes de leurs curies au troisième Ordre et prétendirent que l'accord des Seigneurs, des Chevaliers et du roi sufhsait pour faire la loi. Dans la Constitution de Vladislas, non seulement ils revendiquèrent le droit de modifier de leur seule autorité les coutumes et les ordonnances qui les concernaient, mais ils ne soumirent pas aux bourgeois les articles qui visaient les villes. Elles réclamèrent vivement : elles étaient un Ordre libre et elles ne se soumettraient qu'aux résolutions qu'aurait sanctionnées le vote de leurs représentants. Leur désespoir égala leur surprise quand elles apprirent que le roi avait accepté en leur nom la constitution. Il se ralliait ainsi à la théorie de Rendi, admettait
tous trahis, fait Rs encore la vieille chronique à un adversaire de Rendi : aussi apprends, si tu l'ignores, que tu n as le droit de parler devant aucun tribunal, ni d'invoquer aucune justice. — Il est vrai que Rendl répond fièrement qu "il vaut mieux que toutes les villes ensemble (id., p. 448). — Peut-être y a-t-il un peu d’exagération dans la bienveillante indulgence que ressen-, tent pour Rendl les plus récents écrivains. Il n’est pas absolument impossible que ses intentions fussent pures, mais il allait au but par des voies détournées et scabreuses. Rendi mourut en 1522.