LE SOUS-CHAMBELLAN
l’assimilation des bourgeois et des serfs, ne s’apercevant pas que l'humiliation qu’il leur Infigeait retombait sur lui et qu'il descendait par là à n’être qu’un simple seigneur. Toutes les supplications échouèrent, et, à diverses reprises, il reconnut aux nobles seuls le droit de siéger à la diète :.
Il ne s’agissait pas seulement pour les villes de perdre toute influence politique, mais de passer, au moins indirectement, sous la domination de leurs ennemis. C'était le moment, en effet, où les nobles usurpaient toutes les fonctions royales, et ils travaillaient à attirer à eux tous les pouvoirs administratifs, financiers et judiciaires, que le prince conservait sur les bourgeois. Ils mirent d’abord la main sur la charge de sous-chambellan, déclarèrent que c'était un grand dignitaire du pays et qu’à ce titre il devait être pris parmi les nobles, et, soumis aux mêmes obligations que les autres fonctionnaires, être responsable comme eux devant la diète. Les privilèges des villes étaient si formels et leur droit si incontesté que Vladislas présenta quelques objections; il hésitait à abandonner aux Seigneurs la direction suprême de l’administration municipale. Il s'était hâté d'ajouter cependant qu'il tiendrait compte du désir des États, et, dès l’année suivante (1486), il nommait sous-chambellan un chevalier. Cette résolution fut sanctionnée par les constitutions de 1497 et de 1500, et, jusqu’au xix° siècle, la charge de sous-chambellan fut occupée par des nobles; comme la nomination des conseillers des villes dépendait généralement de lui, la haute main sur les affaires municipales échappait aux bourgeois et passait aux Seigneurs.
Jusqu'à Vladislas, les revenus royaux et, par suite, les redevances des villes ne:se confondaient pas avec les impôts généraux votés par les diètes, et l'administration en était confiée à la Chambre royale, qui ne dépendait que du roi. Les États s’arrogèrent d’ ee un droit de contrôle sur ces
1. Cp. Tchélakovsky, Le sous-chambellan en Boh., p. 37.— Cp., du même auteur, La situation des villes royales aux diètes bohèmes, Prague 1869, p:2,