LE SOUS-CHAMBELLAN
revenus, puis s’en réservèrent l'administration directe. En 1508, ils élurent des gouverneurs ou capitaines dont les pouvoirs furent sans cesse accrus et qui devinrent bientôt les directeurs généraux des finances du royaume : tous les employés prêtaient serment entre leurs mains; ils percevaient l’argent, payaient les dettes, nommaient et destituaient les agents : jusqu’à l'avènement des Habsbourgs, les diètes, c’est-à-dire les Seigneurs, disposèrent ainsi de tous les revenus du royaume.
En 1513, Vladislas, pressé d'argent, demanda au souschambellan Bourian Trtchka de Lipa de lui remettre les sommes qu'il avait recues des villes. Trtchka refusa en alléguant les ordres des États, qui obligeaient tous les employés des finances à verser l'argent qu'ils encaissaient entre les mains des gouverneurs. Le roi insista, supplia : Bourian fut inflexible. Vladislas le destitua, mais Bourian protesta contre cette révocation illégale, les nobles le soutinrent, et le conflit se termina au bout de quelques années par la victoire du chambellan. — « Nous avons éprouvé, écrivait tristement le monarque dans une lettre confidentielle, quels dommages, mépris et ridicules découlent pour nous de ce que nous ne sommes pas maîtres de nos propres affaires *. » Du moins ne devait-il accuser que lui-même de ses malheurs : mais que de colères s’amassaient dans le cœur des bourgeois, réduits à livrer leur argent à leurs adversaires, dépouillés par eux, sans que leurs sacrifices profitassent en rien au royaume!
Une autre entreprise leur fut plus odieuse encore. Sauf pour quelques cas assez rares, ils ne relevaient que des tribunaux municipaux; c'était un de leurs plus anciens privilèges, un de ceux aussi auxquels ils attachaient avec raison le plus de prix ?. — Les Diètes prétendirent les obliger à comparaître devant le Tribunal du Pays, toutes les fois
1 PalatskY, IV, 0%) D. 295 4514.
2. Sur les justices municipales, voir Tchélakovsky, Les privilèges de la ville de Prague, et en particulier, Introduction, p. xxv et sq. — Cp. Tomek, Histoire de Prague, passim,