‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 186 sur 289 · Archives bohèmes, I. p. 458, 477, 496 et sq · texte numérisé non relu

Archives bohèmes, I. p. 458, 477, 496 et sq

2. La loi de 1487 et les ordonnances qui s’y rattachent interdisent aux paysans d’émigrer sans la permission des seigneurs et édictent des peines rigoureuses contre les fugitifs; elles accordent en même temps aux nobles le droit de donner à leurs hommes l’ordre de vendre le domaine qu'ils possèdent. — Cp. Constit. de Vlad. art. 253, 259-60, 282, 291-093. — Sur la question très difficile de l’origine du servage en Bohême, v. Palatsky, V, 1, p. 265 et sq., et Zur Gesch. der Unterthænigkeit und der Leibeigenschaft in B., dans les Gedenkblætter, p. 93.

3. Les seigneurs, dit Tomek qu'il n’est guère possible d'accuser d'exagération, ne connaissant plus de crainte devant la loi parce qu'aucun gardien puissant ne la faisait plus respecter, s’attribuèrent, suivant l'exemple des Hongrois et des Allemands, une autorité toujours plus illimitée sur leurs sujets, leur imposèrent sous divers prétextes des redevances, des corvées ou d’autres obligations, limitèrent même leur liberté personnelle en leur interdisant de s'établir sur d’autres domaines ou de se fixer dans les villes sans l’autorisation de leurs maîtres. Enfin, ils firent décider qu'aucun serf ne pourrait citer son seigneur en justice. Hist. du roy. bohème (en tchèque), p. 356.

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est passible d’une amende; ceux qui fabriquent un faux permis, sont punis de mort et leurs biens confisqués.

Les ordonnances relatives à l’émigration deviennent toujours plus précises et plus rigoureuses.— Dans les cas douteux, ce n’est plus la liberté qui est supposée, mais le servage. A la fin du xvi* siècle, tous ceux qui se prétendent libres sont tenus de se procurer une pièce officielle qui constate leur affranchissement . — [L'usage reconnaissait aux ouvriers agricoles le droit, à certains moments de l’année, d’entrer en service sans l'autorisation de leurs maîtres; ces périodes de liberté sont de plus en plus rares, plus courtes aussi ? Les serfs qui se présentent sans congé régulier sont traités comme des vagabonds *.

Le servage ne s'éteint même pas par la mort : la femme, demeurée veuve sur la terre d’un seigneur, ne peut se marier sur un autre domaine qu'avec l'approbation du seigneur + Pour se rendre à la ville, apprendre un métier, exercer une industrie, le serf doit solliciter le consentement de son maitre. [l faudra une ordonnance royale pour reconnaître aux paysans le droit d'entrer dans les ordres sans l’aveu préalable du propriétaire ?.

Les conséquences du servage finissent par égaler presque les rigueurs de l'esclavage proprement dit. — Si quelqu'un, lisons-nous dans la constitution de 1540, a ordonné à son serf de vendre son bien et que ce serf ait mis à sa place un colon convenable, il est tenu de le laiser aller et ne peut plus le réclamer comme son serf. Si cet homme a des enfants, les enfants au-dessous de neuf ans et qui habitent avec lui,

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