‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 196 sur 289 · LA SITUATION RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

LA SITUATION RELIGIEUSE

et le tableau n’est guère plus consolant. C’est la même confusion, la même impuissance à s'élever aux décisions viriles, le même abaissement des âmes et la même absence de clairvoyance et de dévouement. L’Utraquisme, protégé par des privilèges solennels et soutenu par la très grande majorité de la nation, perd l’occasion de sortir de la situation incertaine dans laquelle l’ont laissé ses victoires, s’enferme dans une défensive timide, et devenant à son tour exclusif et intolérant, ne constitue plus guère qu’un obstacle au progrès. Sa décadence visible induit en tentation les catholiques : mais leurs nouvelles attaques, molles et promptement abandonnées, sont condamnées d’avance à un échec, sans autre effet que de perpétuer un état général d'inquiétude et d'ajouter une nouvelle cause de désordre à toutes celles qui troublent déjà le pays. En religion comme en politique ce-

pendant, mais plus nettement, quelques symptômes favo-

rables se manifestent, et, en face de l’Utraquisme, un parti

nouveau grandit, prêt à prendre en mains la tâche devant:

laquelle recule le Hussitisme officiel, c’est l'UnITÉ pes FRi- RES BOHÈMES.

En attendant qu'une nouvelle direction morale s'offre au pays, l'Utraquisme continue sa carrière monotone, dans laquelle les mêmes incidents reparaissent avec une régularité fatigante. Au dehors, les négociations avec la cour romaine n'avaient jamais cessé complètement, de temps en temps on envoyait quelque pétition, une assemblée préparait un programme et désignait des délégués, un légat s’abouchait avec les ambassadeurs calixtins; le dialogue était prévu : ‘ils marmottaient les demandes qu’ils ânonnaient depuis plus d’un siècle, la confirmation des Compactats, la nomination d’un archevêque utraquiste, l’approbation de quelques menues coutumes qui s'étaient introduites dans leurs cérémonies; le légat répondait par les exhortations

connues et les fins de non recevoir habituelles, et l’on se

séparait, irrité, déconcerté : quelques mois, quelques années

plus tard, sans que des expériences si multipliées servissent

jamais à rien, on recommencait.

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